Bocarmé corrompu !

 

Monsieur le Procureur Général,

Concerne : Encore et toujours ma lettre du 23 mai qui est restée sans réponse et qui est relative à vos agissements dignes d’un corrompu avéré comme vous en avez fait preuve dans votre courrier du 11 mai.

En quittant la place Saint-Lambert ce jeudi 1er juin à 7 h 30, et en attendant de lire la suite que vous réserverez – je n’en doute pas un seul instant – à ma lettre du 23 mai, dont mention sous rubrique, je me permets de vous faire part des réflexions ci-dessous, qui ont une importance capitale pour ce que l’avenir proche nous réserve.

Durant « mon séjour » de quarante-cinq jours sur la place publique, j’ai pu observer, une fois encore et avec une profonde tristesse, le fonctionnement de Milieu singulier dans lequel vous évoluez.

Un Milieu clos – isolé à l’intérieur même de l’institution judiciaire – qui tourne sur lui-même ou autour de lui-même, et qui repousse violemment, comme tout Milieu qui se respecte, tout contrôle, tout regard, toute contestation et toute critique extérieure.

Dans ce Milieu, que vous appelez injustement et improprement « le monde judiciaire », et qui n’inspire que la peur, l’intimidation et la menace, vous agissez systématiquement en prenant distance par rapport à la loi et au droit, comme le ferait, par exemple, un délinquant ordinaire.

En effet, la différence fondamentale, selon moi, entre la logique qui met en mouvement un délinquant ordinaire, et celle qui met en mouvement un délinquant au col blanc, est la suivante : le délinquant ordinaire se dit, en se référant à l’arbitraire de sa volonté seule : « je veux, donc je peux ». Tandis que le délinquant au col blanc se dit, en se référant à son pouvoir seul : « je peux, donc je veux ». Chacun raison donc à sa manière, mais tous deux prennent distance – sans crainte ni scrupule – par rapport à la loi et au droit.

C’est bien cette prise de distance jubilatoire qui témoigne, je le répète, du sentiment d’impunité que vous procure – qui procure donc aux délinquants au col blanc – la sensation perverse de puissance.

Puissance que vous croyez détenir, d’une façon illusoire, du lieu de pouvoir qui, en principe, est vide dans une démocratie, et de surcroît, dans une société régie par un Etat de droit démocratique.

Sous l’emprise de cette effroyable sensation – effroyable pour ceux qui sont forcés à lui faire face –, vous vous sentez tellement bien protégé contre la réalité du monde extérieur qui n’est pas totalitaire, que vous sous-estimez constamment le risque énorme et les conséquences graves de vos pratiques totalitaires.

Pratiques qui s’inscrivent dans un processus d’irresponsabilité collective, d’abus dans ses différentes versions, de corruption caractérisée et de trafic d’influence en tout genre. Processus dont vous assurez collectivement la gestion et le fonctionnement plus que douteux.

N’est-ce pas inquiétant ? Et jusqu’où est-ce tolérable ?

Je vo
us souhaite « bonne prise de note » de ces réflexions, et vous prie, Monsieur le Procureur Général, de compter sur ma détermination concernant la suite appropriée que je réserverai aux événements dans les semaines à venir.

Mustafa Üner SARI

 

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A propos de la médiocrité d’esprit

 

Monsieur le Procureur Général,

Concerne : Ma lettre du 23 mai restée sans suite. 

Suivant votre précieux conseil que vous avez tenu à me donner dans votre courrier du 10 mai courant, si je me constitue partie civile en main d’un juge d’instruction, puis-je, selon vous, demander à ce juge de ne pas estimer – au terme de sa prétendue instruction – concernés les magistrats de votre Parquet, notamment.

En vous posant cette question, dont l’extrême gravité ne peut être saisie par un observateur extérieur, je souhaite vous dire que je ne sais plus comment faire pour vous libérer de l’emprise ravageuse de cette sensation perverse de puissance et d’impunité. Vous en libérer pour que vous puissiez enfin prendre conscience de la gravité de vos actes et d’agir en conséquence. Ainsi et surtout, pour que vous cessiez de prendre distance – et d’une façon jubilatoire – par rapport à la loi et au droit à l’image d’un monarque d’un autre âge : hautain, suffisant et arrogant. 

Par contre, je peux vous dire qu’il m’est pénible de faire face encore longtemps, ici et maintenant, aux deux poids qui pèsent sur vos épaules, et qui doivent être difficiles – quoi que vous en disiez – à porter au quotidien : celui de la médiocrité d’esprit et celui de la vulgarité du manque criant d’éthique et de moralité.

Ceux-là même qui peignent votre terrifiant courrier du 10 mai identique à ces formulaires que vous connaissez fort bien, et dont vous faites si souvent et perfidement usage sans laisser aucune trace de dégoût, ni laisser place à la finesse tant est si grand leur impudence. 

Et enfin, par respect à ce qui reste de la légitimité du pouvoir public dont vous êtes représentant, puis-je, une ultime fois, vous prier de répondre – aujourd’hui même – à ma lettre du 23 mai 2006.

Pardonnez-moi de vous prier de ne recevoir, Monsieur le Procureur Général, que l’expression de ma légitime révolte et indignation que j’éprouve profondément face à l’image que vous faites porter à nos institutions et à notre Etat de droit. 

Mustafa Üner SARI

Gréviste de la faim

Place Saint-Lambert

Face au Palais de Justice

« Respecter les feux »

Monsieur le Procureur Général,

 Concerne : Mes lettres des 23 et 26 mai restées sans réponse. 

A l’entrée de votre Palais est placé depuis quelques jours un panneau sur fond jaune fluorescent où nous lisons : « Respecter les feux ». C’est bien, parce qu’il y a déjà eu des accidents.

Mais, je me demande si ce ne serait pas mieux de placer un autre panneau à côté de celui-ci sur lequel nous pourrions lire : « Respecter les barrières des lois ». Et ce, avant d’écrire sur les murs du Palais de Justice : « Supprimer les barrières des lois entre les hommes équivaut à supprimer les libertés humaines et à détruire la liberté en tant que réalité politique vivante, car l’espace entre les hommes tel qu’il est délimité par les lois est l’espace vital de la liberté. » (Hannah Arend).

 Vous conviendrez sans doute avec moi qu’un homme qui n’est pas libre ne peut pas respecter les feux. Parce qu’en ne sachant pas ce qu’est la liberté, il ne peut effectivement pas comprendre le respect des feux qui ont pour fonction de limiter sa liberté, là où commence celle de l’autre.

 Quant à moi, je me sens plus libre depuis le 21 juin 1995. Ce jour-là, j’ai senti, au plus profond de moi, ma confiance brisée dans les institutions de notre pays. C’est dans cette blessure que je puiserai la force nécessaire pour aller jusqu’au bout de ce « Non » radical que j’ai opposé aux menottes qui liaient mes deux poignets dans le dos, entre les murs du Palais de Justice de Liège.

 Et ce, en tendant l’oreille à Hérodote qui proclama sur la place publique, la place des citoyens : « Le monarque renverse les lois de la patrie, sans observer aucune formalité. Il n’est pas de même du gouvernement démocratique, on l’appelle isonomie, l’égalité des lois. C’est le plus beau de tous les nom ».

 Je reste cependant, de votre Autorité, Monsieur le procureur Général, le plus humble et le plus fidèle serviteur, en attendant de lire la suite que vous réserverez à ma lettre du 23 mai courant.

 Mustafa Üner SARI

Pétition en ligne

Texte de la pétition :

Monsieur le Procureur Général,

Par la présente, nous vous demandons de bien vouloir répondre précisément aux deux questions que vous pose Mr. Mustafa SARI en grève de la faim face au Palais de Justice depuis le 17 avril 2006, et ce pour jeudi 1er juin au plus tard.

Sinon, devrions-nous en déduire que votre silence est un aveu d’impuissance de la Justice face à ses propres « dysfonctionnements » ?

Des citoyens inquiets.

Pour signer la pétition : http://sari.montki.eu/

40 jours en grève de la faim !

            Liège, le 26 mai 2006

 

Monsieur le Procureur Général,

 

Concerne : Ma lettre du 23 mai courant restée sans suite.

 

Indépendamment de l’analyse et des réflexions que je vous transmets par la présente, j’estime qu’il est temps de dévoiler ici l’un des deux objectifs principaux de ma grève de la faim. Il consistait à vous faire avouer la vérité par le silence. Ce qui est fait. Car, le silence n’est que le plus cruel des mensonges, et il est pire que ce qu’il couvre ou dissimule.

Pour comprendre cela, Monsieur le Procureur Général, il suffit de vous interroger sur la question de savoir ce qui vous a empêché de dire publiquement que, tant le traitement par les juges d’instruction et par les juridictions d’instruction, que le classement sans suite par votre Parquet des deux dossiers d’instruction qui me préoccupent à présent, ont été respectueux de la loi ainsi que des règles et principes les plus élémentaires du droit.

Le comprenez-vous ?

 

Vous souvenez-vous ? Dans un entretien que vous aviez accordé au quotidien « La Libre Belgique » à propos d’un dossier, vous disiez : « Si je voulais cacher ce dossier, je l’aurais fait. »

Et, dans ma lettre du 5 décembre 2005, je vous écrivais : « Après avoir appris que si vous vouliez cacher un dossier, vous pouviez le faire, je me demande si le fait de vous adresser une demande en se référant au droit et à la loi, comme je souhaite le faire par la grève de la faim, a encore un sens. J’y réfléchis. »

Il m’était effectivement impossible de comprendre d’abord, et d’admettre ensuite, que vous puissiez vous permettre de cacher un dossier si vous le vouliez, comme si le respect de la loi et du droit n’était que l’expression de l’arbitraire de votre volonté dans une société régie par un Etat de droit.

 

J’ai dû alors postposer la grève de la faim initialement prévue pour le 10 décembre 2005, et ce, je précise, eu égard à la gravité de vos propos susmentionnés.

 

J’ai donc longtemps réfléchi à ce que je devrais faire et aux précautions que je devrais prendre avant d’entamer cette grève.

 

Au terme de mes réflexions et recherches, j’ai alors eu l’impression de me trouver dans un vide où je n’apercevais plus que le règne sans partage de la loi du plus fort comme la seule loi valide. Puis, il n’y a pas de Sujet, me suis-je dit, si, à un moment donné, on ne se lance pas dans le vide avec la volonté d’assumer sa lourde responsabilité de citoyen épris de la protection de la pérennité de la justice, de l’Etat de droit et de la liberté.

 

C’est dans ce vide que j’ai trouvé, comme prévu, le terrifiant courrier que vous m’avez transmis le 10 mai courant. Comme prévu car, ce courrier était l’œuvre d’un dieu antique en colère agissant sous l’emprise de cette sensation perverse de puissance et d’impunité.

 

Comme prévu encore car, c’est bien derrière ce courrier que vous avez cru pouvoir cacher « le dossier » qui me préoccupe à présent, en oubliant sans doute que c’est la seule chose que je ne peux vous permettre ici et maintenant. Même si je peux comprendre que la gravité de vos actes est toute relative à la gravité de ce que vous tentez de couvrir, depuis quarante jours, que ce soit par votre silence,
ou par vos mensonges, notamment.

 

C’est pourquoi, je vous prie de réserver suite, et sans délai, à ma lettre du 23 mai courant, et de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l’expression de mes sentiments que je soumets à votre appréciation.

 

Mustafa Üner SARI

Gréviste de la faim

Place Saint-Lambert

Face au Palais de Justice

4000 Liège

 

 

 

Lettre au PG

Liège, le 23 mai 2006

 Monsieur le Procureur Général,

Concerne : La recherche de la réponse à la question de savoir ce qu’on peut faire quand le mur érigé par l’abus de pouvoir systématique devient passage.

Le Procureur de Roi de Charleroi, Monsieur de WALKENEER, déclarait récemment : « Ne pas faire certaines choses, peut être un élément de corruption. » Même s’il est vrai que là où il y a des corrompus, il y a nécessairement des corrupteurs, Monsieur de WALKENEER visait par ces propos les attitudes et comportements des corrompus en particulier.

Pourquoi vous entretenir de tout cela, me direz-vous ? C’est parce que ces propos m’ont rappelé une définition que j’ai été amené à formuler dans une lettre adressée il y a plus de quinze ans, soit le 25 avril 1991, à Monsieur DESSART, alors Substitut du Procureur du Roi à Liège, et sur laquelle j’ai estimé utile, mais en vain, d’attirer votre attention dans ma lettre du 11 mai 2006. 

« Corrompu », écrivais-je, « se dit de quelqu’un engagé ou qui s’engage par la solidarité, la persuasion, l’indifférence, des dons ou des promesses à agir personnellement ou à faire agir un tiers contre sa conscience et surtout son devoir. »

J’ai dû formuler cette définition en réponse à une lourde menace que Monsieur le Substitut avait proférée par son courrier du 11 avril 1991, en estimant sans doute que nous étions nécessairement des contemporains parce nous vivions à la même époque (voir la lettre ouverte que je vous ai transmise le 29 août 2005, pages 21-25). 

En ce qui vous concerne, Monsieur le Procureur Général, force m’est de constater – et j’en suis vraiment désolé – que vous m’en avez fourni la preuve la plus éclatante dans votre tristement célèbre courrier du 11 mai courant qui est, je le répète, terrifiant par son contenu mensonger, provocateur, insultant, intimidant et menaçant, et ce, en y exprimant clairement votre volonté de « ne pas faire certaines choses » que, pourtant, vous devez faire dans le respect de la loi et du droit, dont, vous aussi, vous êtes tenu (voir ma lettre du 10 mai 2006).

De cette façon, vous vous êtes délibérément enfermé dans une impasse dont il est impossible de vous libérer à court terme, me semble-t-il. 

Par conséquent, je vous prie d’avoir l’extrême obligeance de vous dessaisir du « dossier » qui me préoccupe à présent, de le transmettre à l’autorité compétente et de m’en aviser sans délai. 

« Dossier » qui, je précise, enferme les deux dossiers d’instruction qui ont été ouverts suivant mes constitutions de partie civile, les 26 janvier et 6 juin 2001, en mains des juges d’instruction Mesdames REYNDERS et RUSINOWSKI, et qui, in fine, ont été transmis au Parquet Général, lequel les a classés sans suite.

Dans l’attente de vous lire, et en précisant, une fois encore, que j’irai, ici et maintenant, jusqu’au bout de l’exigence du respect de la loi et du droit, je vous prie d’agréer, Monsieur le Procureur Général, l’expression de ma légitime révolte que tout homme forcé à faire face à des agissements semblables aux vôtres, peut éprouver au plus profond de son être.  

 

Mustafa Üner SARI

Gréviste de la faim

Place Saint-Lambert

Face au Palais de Justice