Islam politique en Belgique: Proposition pour le changement

LETTRE OUVERTE

INTRODUCTION

Proposition pour le changement

« Ce que je propose est donc très simple : rien de plus que de penser ce que nous faisons »

Hannah Arendt.

Le 5 août 1996, j’avais écrit à Sa Majesté le Roi Albert II, et en ma qualité d’animateur et administrateur de ‘l’Asbl, la Maison des Turcs’, pour exprimer ma profonde indignation relative à une note des forces armées selon laquelle « les communautés immigrées (on sait de qui on parle, ndlr)  constituent pour le territoire belge une menace clandestine à caractère permanant » – le journal le Soir, le 30 juillet 1996. Sur six pages, j’avais tenté de répondre aux questions suivantes : Les immigrés visés sont-ils menaçants ou sont-ils menacés ? Les communautés de ces immigrées constituent-elles une menace clandestine pour le territoire belge ou vivent-elles sur le territoire belge – à l’instar de toute la société belge – sous la menace du fascisme vert et de la peste brune, des interlocuteurs privilégiés de l’Etat belge ?

Et j’avais conclu ma lettre en disant : ‘J’avoue cependant mon impuissance quant à la formulation d’une proposition, car force m’est de constater qu’il n’y a pas moyen de faire un coup d’Etat en Belgique parce que nul ne sait où se trouvent le(s) pouvoir(s), dont les mains invisibles ne cessent pourtant de s’agiter sans répit au-dessus des têtes des citoyens.’

En réponse, le Chef-Adjoint du Cabinet du Roi, Monsieur R. Huenens, m’a transmis un courrier daté du 26 août 1996 digne d’un dévot blessé par mes critiques envers la Ligue mondiale islamique saoudien : « Dans votre critique envers la Ligue Mondiale Islamique, me disait-il, vous semblez défendre la thèse selon laquelle les agissements de celle-ci menacent les citoyens de confession musulmane. Il conviendrait de préciser votre pensée. A force d’analyser, vous trouverez peut-être une proposition à formuler, qui manque, comme vous le constatez vous-même, dans la conclusion de votre exposé. »

Je m’étais contenté de dire au Chef que c’était déjà bien qu’il ait lu la dernière phrase de ma lettre composée de six pages. Parce que j’ai été un peu gêné de n’avoir pas osé lui proposer – par crainte d’être enfermé, « à force d’analyser », dans un asile psychiatrique – que l’Etat belge mette un terme à la présence de la très chère Ligue mondiale islamique qu’il avait installée en 1978 à l’ancien pavillon orientale dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles, après l’avoir reconnue en 1968 comme instance représentative des musulmans et de l’islam en Belgique. C‘est-à-dire après avoir jeté dans la gueule d’un rapace théocratique affamé les immigrées constituant « une menace clandestine pour le territoire belge », et ce, avec la collaboration étroite avec les Etats des pays d’origine de ces immigrés : femmes, hommes jeunes et enfant transformés en instruments livrés dans les mains des Etats et des mafias.

Le temps passa

« Le gouvernement fédéral a pris vendredi la décision de rompre sans délai la convention conclue avec la Ligue islamique mondiale qui organisait la concession de la Grande Mosquée de Bruxelles. Il met de la sorte en œuvre une recommandation de la commission d’enquête sur les attentats terroristes visant à mettre fin à l’immixtion d’Etats étrangers dans l’islam prêché en Belgique, en l’occurrence l’Arabie saoudite, cheville ouvrière de la Ligue islamique » (La Libre Belgique, le vendredi 16 mars 2018).

« Le président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats terroristes, Patrick Dewael (Open Vld), a écrit au bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, pour lui demander s’il compte fermer la Grande Mosquée de Bruxelles. L’Organe de Coordination et d’Analyse de la Menace (OCAM) a adressé début mai à la commission de suivi de la commission d’enquête un rapport pour l’alerter (de) la littérature disponible au Centre Islamique et Culturel de Bruxelles (CICB), l’institution qui gère la Grande Mosquée du Cinquantenaire. Des livres d’inspiration salafiste, écrits pour la plupart entre 1980 et 2000, incitent les fidèles à se lancer dans le djihad armé » (la RTBF, le vendredi 22 juin 2018).

Pourquoi nos représentants et nos gouvernants et même les citoyens bien informés, n’avaient-ils pas agi avant en sachant parfaitement bien que « cela ne pouvait que mal se terminer » dans le futur, d’une façon ou d’une autre, mais certainement ? Ils n’ignoraient pourtant rien ni l’existence de ces livres, dont ‘la voie du musulman’ fut évoquée au parlement fédéral en 2004 par la députée Annemie Turtelboom lors d’une séance plénière où celle-ci avait posé une question à ce sujet à la ministre de la Justice Laurette Onkelinx.

Bref, le passé, c’est le passé, comme on dit, voyons ce qui est inquiétant à présent où le printemps tant rêvé à le même hiver à vaincre: Aujourd’hui, il n’y a rien, mais absolument rien, qui garantit que nous ne nous demanderons pas dans les mois ou les années à venir pourquoi nous n’avons pas agi en 2018 en sachant que « cela ne pouvait que mal se terminer » dans l’avenir, d’une façon ou d’une autre, mais certainement ? Cette inquiétude parait parfaitement justifiée, car force nous est de constater que nos gouvernants font dans les circonstances actuelles, exactement ce qu’ils ont fait – et durant cinquante ans – dans le cas du développement conquérant de ce qu’on appelle aujourd’hui le « radicalisme » : Pris en otages par leur aveuglement délibéré et volontaire dans le passé, ils utilisent aujourd’hui comme rempart contre « le radicalisme » (ou terrorisme), les mêmes inspirateurs de ce « radicalisme » qu’ils ont utilisé hier comme rempart contre le communisme soviétique.

Que faire ?

J’ose proposer aujourd’hui que l’Etat belge rompe sans délai la convention (tacite ou diplomatique) de la gestion fructueuse des affaires notamment religieuses des musulmans d’ici, des musulmans de Belgique, avec les Etats turc et marocain. Et ce, en commençant par rompre, et tout de suite, la convention de reconnaissance – comme représentante de ce qu’on appelle « l’islam turc » – de la coalition composée des deux organisations turques d’extrême droite, l’une théocratique radicale (dite islamiste), l’autre national-théocratique radicale (dite islamo-nationaliste). Je le propose sans crainte parce qu’on finit, comme moi, par apprendre à embrasser les aléas de la dissidence, allant de la conjuration politique à la tentative d’assassinat jusqu’à la séquestration dans un asile psychiatrique en passant par l’enferment dans une prison appelé « milieu carcéral » dans le « novlangue » de Big Brother.

LE DERNIER RAPPEL AVANT D’AGIR

A propos de quatre questions – voir ci-dessous

Monsieur Koen GEENS

Ministre de la Justice

Boulevard de Waterloo, 115

1000 Bruxelles

Genval, le 10 août 2018
Monsieur le Ministre,

Concerne : Ma lettre ouverte du 7 juillet 2018

Par la présente, je me permets, pour la première et la dernière fois, de vous rappeler ma lettre du 7 juillet dernier rester sans réponse comme prévu. Mais le bruit assourdissant de votre silence légendaire ne m’impressionne pas, bien au contraire, il m’encourage ; et je crois que vous n’ignorez pas que la résignation par la lassitude et usure du temps n’est pas la maladie dont je mourrai. De plus, l’histoire proche nous démontre qu’il faut continuer d’exiger la transparence démocratique envers les citoyens quant aux décisions prises les concernant. C’est dans cet ordre d’idée que j’agirai sans tarder étant porté par mon absolue détermination à être moi-même, qui n’a d’égale que ma grande sensibilité humaniste et politique ; une croyance intransigeante dans la défense de la dignité et de l’émancipation des plus vulnérables en les soustrayant autant que possible au joug de l’ignorance qui les asservit.

J’espère ainsi obtenir, Monsieur le Ministre, les réponses aux quatre questions que je vous avais soumises dans ma lettre citée ci-avant ; je l’espère en pensant, comme le disait jadis Vaclav Havel, que « l’espoir est un état d’esprit. C’est une orientation de l’esprit et du corps. Ce n’est pas la conviction qu’une chose aura une issue favorable mais la certitude que cette chose aura un sens, quoi qu’il advienne. » Mais dans l’attente, je voudrais apporter ici, Monsieur le Ministre, quelques précisions importantes concernant la formulation de mes questions après avoir lu le quatrième rapport intermédiaire sur le volet « Radicalisme » de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 22 mars 2016.

Les faits dans un monde fictif

Ayant tenu à combattre depuis 1978, et avec le plus grand radicalisme, les questions liées à l’instrumentalisation du fondamentalisme islamique par des Etats occidentaux, dont la Belgique, et leurs alliés musulmans, dont la Turquie, je croyais trouver dans ce rapport les réponses aux questions suivantes : Que s’est-il passé le 22 mars 2016 à Bruxelles ? Pourquoi cela s’est-il passé ? Comment cela a-t-il pu être possible ? Au terme de ma lecture, j’ai dû longtemps réfléchir pour comprendre que le but poursuivi par ladite commission n’était pas de répondre à ces questions mais de les éviter pour protéger les siens, pour s’auto-acquitter au détriment purement formel d’un autre coupable par le mensonge que l’on se fait à soi-même, et qui consiste à se défausser sur autrui de ses propres errements. La faute de l’autre. C’est une autre manière d’élaborer des discours narcissiques sur soi-même pour brandir son innocence et de postuler en sa faveur la plus confortable et la plus disputée des positions, celle de victime. Dans le cas qui nous préoccupe, d’une façon ou d’une autre, chacune des parties en causes est victime des autres, peu importe la vérité historique.

Concernant, par exemple, « le cas de la grande mosquée de Bruxelles », la seule coupable toute désignée,  j’ai lu dans ledit rapport (Chapitre II, page 56, point 3) l’histoire suivante : « Pour mémoire », nous disent les rapporteurs parlementaires, « en 1968, le gouvernement belge reconnaissait le Centre islamique et culturel comme instance représentative des musulmans et de l’islam de Belgique. Le 13 juin 1969, la Belgique, par une convention de concession, cédait l’usage pour une durée de 99 ans, des bâtiments étant ceux de la grande mosquée de Bruxelles (GMB) au Centre islamique et culturel représenté par les ambassadeurs du Maroc et de l’Arabie Saoudite. En 1978, le nouveau Centre islamique et culturel de Belgique (ci-après CICB)  était inauguré. Le complexe immobilier accueille aujourd’hui outre la mosquée, une école, un centre de recherche et de formation sur l’islam, mais aussi sur la langue arabe.

De 65 à 75 % du financement du CICB qui est une asbl exploitant le GMB provient du financement octroyé par la Ligue islamique mondiale (points 33 et suivants). Les représentants officiels de GMB ont tenu à souligner que le financement n’était pas un financement étatique (provenant de l’Etat Saoudien, ndlr) mais un financement de la Ligue islamique mondiale. La Ligue islamique mondiale est une organisation comportant 57 membres, dont le siège est établi à la Mecque. Le Secrétaire Général est l’ancien ministre de l’Arabie Saoudite et son financement apparait, des mêmes déclarations faites par les représentants de la CMB/CICB, comme principalement saoudien. » Comme nous le constatons, dans cette histoire officielle du couple CMB/CICB, nos parlementaires ne nous disent pas s’il y a une succursale de la Ligue mondiale islamique quelque part à Bruxelles.

Les faits dans la réalité de ce bas monde

La Ligue islamique mondiale fut fondée en 1962 à la Mecque par le prince Fayçal d’Arabie Saoudite. Le bras religieux – soft power – du régime saoudien confondu avec l’islam wahabite dit « authentique », cette Ligue s’efforce, conformément à son objet social, de faire connaître la charia dans le monde entier et de répandre son enseignement islamique le plus obscurantiste et le plus archaïque à travers la construction d’écoles, d’institutions islamiques et de mosquées. Elle avait créé en 1975, avant l’assassinat de son fondateur, son conseil suprême des mosquées installé, lui aussi, à Bruxelles dans le même complexe que le CICB et la GMB pour soutenir les minorités islamiques établies dans les pays non musulmans. A cette fin, elle accordait des subventions aux associations islamiques qui créent des mosquées. En 1985, la somme d’aide financière annuelle distribuée aux mosquées en Belgique, dont des nombreuses mosquées turques, était de 30 millions de francs.

Quant au Centre islamique et culturel qui a vu le jour en 1963 avec le concours des chefs de mission diplomatique des pays musulmans accrédités en Belgique – dont notamment l’Arabie Saoudite, le Maroc, la Turquie, le Pakistan et le Sénégal – il s’était installé dans l’ancien pavillon oriental du Cinquantenaire, qui fut offert en 1968 par le gouvernement belge au roi Fayçal, l’ex-prince fondateur de la Ligue mondiale islamique devenu roi en 1964. Et cette même année le gouvernement belge reconnaissait ce Centre comme instance représentative des musulmans et de « l’islam de Belgique ! ». En 1969, le roi Fayçal céda le Centre à sa Ligue islamique mondiale. Son successeur, le roi Khaled assista en 1978 à la cérémonie officielle d’ouverture de la grande mosquée. Dès lors, il n’y avait plus ni le Centre islamique et culturel de Belgique ni la mosquée de Bruxelles, mais il y avait le Centre islamique et la grande mosquée de la Ligue mondiale islamique à Bruxelles. La preuve, me demanderiez-vous ? Et la voilà et elle ne souffre d’aucune ambigüité :

  1. Hier, était-ce normal que l’Etat belge reconnaisse non pas le Centre islamique et culturel mais la Ligue mondiale islamique saoudienne comme instance représentative des musulmans et de l’islam non pas de Belgique mais en Belgique ?

Grande-Mosquée-de-Bruxelles-300x225

Cette enseigne suffisamment grande pour être bien visible – même aux yeux de nos parlementaires, membres de la commission d’enquête, et leurs témoins scientifiques, médiatiques et sécuritaires – n’est pas fixée sur la façade du siège de la Ligue islamique mondiale à la Mecque. Elle est fixée, il y a quarante ans, au-dessus de la porte d’entrée de l’ancien pavillon orientale du Cinquantenaire accueillant la filiale en Belgique de la Ligue islamique mondiale qui héberge sous son toit son Centre islamique et sa grande mosquée. Cette Ligue n’a financé ni ne finance le Centre islamique et culturel et la mosquée de Bruxelles. Elle finance les frais de gestion de sa succursale installée à Bruxelles avec son Centre et sa mosquée, ainsi que ses œuvres « philanthropiques » comme, par exemple, le paiement, entre 1978 et 1983, des salaires des imams envoyés en Belgique par l’Etat turc.

Agiter et fanatiser le peuple pour mieux s’en servir

A l’époque tout cela était normal, Monsieur le Ministre, car « le wahhabisme, le salafisme, les Frères musulmans, la Ligue islamique, l’Arabie Saoudite » maintes fois cités dans ledit rapport – sans citer pour des raisons évidentes les Etats alliés objectifs de ces derniers – n’ont fait que ce que les Etats occidentaux et leurs alliés musulmans leur ont demandé de faire. A savoir agiter et fanatiser à l’outrance les immigrés de confession musulmane et leurs enfants pour faire d’eux « des combattants ou des soldats de la liberté » pour mener la guerre sainte, le djihad, contre le communisme un peu partout dans le monde.    

  1. Aujourd’hui, est-ce normal que l’Etat belge reconnaisse notamment les deux organisations turques en question comme représentantes de ce qu’on appelle « islam turc », comme il avait reconnu en 1968 la Ligue mondiale islamique comme instance représentative des musulmans et du prétendu « islam de Belgique » ?

En Belgique, les enseignes des filiales des autres organisations, dont les organisations turques qui nous préoccupent ici, ne sont pas, Monsieur le Ministre, aussi transparentes que celle de la Ligue mondiale islamique fixé sur la porte d’entrée d’un bâtiment, l’un « des plus beaux quartiers de la capitale, à proximité des institutions de la communauté européenne, afin qu’il serve de mosquée et de siège pour le nouveau Centre Islamique et Culturel de Belgique pour qu’il devienne un phare de l’islam en Europe » – voir le Site du Centre islamique, rubrique ‘Historique’ . Ce qui m’oblige à porter certaines précisions concernant la formulation des questions que je vous avais soumises dans ma lettre du 7 juillet dernier et auxquelles je souhaite obtenir réponse .

« Dans les années 80 (…) la mosquée a cessé d’être exclusivement un lieu de culte : il s’est développé tout un appareil politique autour de ce lieu de culte. »

Le rapport de ladite commission parlementaire, 1er chapitre, page 28, point 33.

« Il ne faut pas que ce soit d’autres, vivant à des centaines voire à des milliers de kilomètres de la Belgique, qui décident comment les musulmans d’ici doivent vivre. C’est aux musulmans d’ici d’organiser leur religion, leur pratique religieuse et vivre en harmonie avec les autres communautés. »

Le 7 décembre 2015, Jean-Claude Marcourt, Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles

 

  1. Selon vous, Monsieur le Ministre, l’organisation turque dénommée en français « La Communauté islamique Milli Görüş », en turc « İslam Toplumu Millî Görüş », et en allemand « Islamische Gemeinschaft Milli Görüş », dont le siège central se situe à Cologne en Allemagne, et dont la filiale en Belgique est récemment renommée « La Fédération Islamique de Belgique, est-elle une organisation politique ou religieuse indépendante des pouvoirs extérieurs, des « d’autres », comme disait Monsieur Marcourt ? Selon vous, quelle est la mission qui lui était assignée par ses fondateurs en 1969 en Turquie ?
  2. Selon vous, Monsieur le Ministre, l’organisation turque dénommée en français « L’Union turco-islamique des affaires de Diyanet », en turc « Diyanet İşleri Türk-İslam Birliği », en allemand « Türkisch-Islamische Union der Anstalt für Religion e.V », dont le siège central se situe également à Cologne, et dont la filiale en Belgique est « La Fondation Turco-Islamique de l’Ambassade de Turquie » à Bruxelles récemment renommé « BTI Diyanet Vakfı », est-elle une organisation politique ou religieuse indépendante des pouvoirs extérieures, des « d’autres» ? Quelle est, selon vous, la mission qui lui était assignée à Ankara lors de l’élaboration en 1981 du projet de sa constitution achevée à Bruxelles en 1983 ?
  3. Monsieur Melchior Wathelet, votre lointain prédécesseur, qualifiait ces deux organisations de « mouvements opposés » dans son courrier du 7 novembre 1994 (voir ma lettre du 7 juillet 2018). Selon vous, Monsieur le Ministre, de quel point de vue ces deux organisations s’opposaient-elles ? Du point de vue religieux ou du point de vue politique ?
  4. Eu égard aux réponses que vous voudrez bien réserver à ces trois questions, est-il « normal » que ces deux organisations transnationales soient reconnues par l’Etat belge comme représentantes de ce qu’on appelle « l’islam turc » à travers leurs filiales constituées en Belgique en se parant des oripeaux de personne morale du droit belge telle qu’une ASBL, AISBL, fondation privée ou d’utilité publique, et ce en suivant vos souhaits et conseils officiels, Monsieur le Ministre (voir le point deux de la déclaration commune du 13 juin 2018 présentée au terme de votre rencontre, accompagné du Premier ministre, avec les représentants du prétendu « Exécutif des Musulmans de Belgique ») ?

Précision importante

Permettez-moi ici de bien préciser, Monsieur le Ministre, que nous ne vous demandons pas s’il est normal que l’Etat belge reconnaisse ces organisations comme représentantes de ce qu’on appelle « l’islam turc ». Nous vous demandons simplement si l’Etat belge les reconnait en parfaite connaissance de cause ; nous l’apprendrons –  et nous avons le droit de l’apprendre – après avoir lu vos réponses aux questions posées.

Le mot de la fin

En guise de conclusion, permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous faire part d’une réflexion à propos de la poudre aux yeux – elle est magique – qu’est la formation des imams et des cadres musulmans dans nos universités pour soutenir et promouvoir l’émergence d’un « islam belge », d’un « islam de Belgique », comme vous le dites. Je ne crois pas, quant à moi, que c’est en formant en Belgique les membres du personnel de la filiale d’une multinationale installée en Belgique, que l’on promeut et soutient l’émergence d’une entreprise de Belgique indépendante des pouvoirs (économiques) extérieurs.

Comme vous persisterez dans votre silence légendaire, je vous confirme que vous serez informé par les événements de la suite que je réserverai à ma démarche en pensant que notre devoir moral est de permettre aux générations futures de construire leur avenir, et vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération distinguée. 

Mustafa Uner Sari

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s