Hamid Benichou, « le premier agent de quartier d’origine immigrée »

« Juste une mise au point » concernant l’imposture racontée par « le premier agent de quartier d’origine immigrée », Monsieur Hamid Benichou.
Monsieur Benichou,

Présentation

« Hamid Benichou – c’est le nom de ce « Mensch », mot qui désigne, en yiddish, « un type bien, une personne fiable, qui sait assumer ses responsabilités, sur qui on peut compter ».

By liguedefensejuive | 28 mars 2016 »

Si je vous adresse cette mise au point, c’est parce que je souhaite y mettre en exergue le but poursuivi par vos discours concernant ce que vous appelez « la présence de l’islam » en Belgique, alors que la seule présence que nous y avons connue, et combattue, est celle de l’« islam-instrument ». But que rien n’a pu soustraire aux regards, ni les tromperies et les mensonges soigneusement agencé, dont vous faite montre, ni votre volonté manifeste d’écarter, lors de l’élaboration pernicieuse de vos discours, certains faits historiques qui n’encadrent pas vos inspirations. Et ce, malgré plusieurs témoignages « crédibles » portés en votre faveur par des personnalités haut en couleur, par certains médias et organisations, comme, par exemple, ce témoignage publié le 28 mars 2016 par « la Ligue Défense Juive » :

« Un vent favorable a déposé sur notre bureau », disait Yéh’ezkel Ben Avraham, « un mail envoyé ce 24 mars 2016 à de nombreuses personnalités belges et européennes, en ce compris des journalistes et Jonathan De Lathouwer, vice-président du CCOJB (Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique). Cet écrit (voir copie en fin d’article) nous vient du cœur d’un musulman sincère qui, depuis de nombreuses années (nous pouvons en témoigner), tente de lutter contre la radicalisation de l’islam en Belgique et voudrait garder cette religion dans les limites qu’elle n’aurait jamais dû quitter : une croyance personnelle – se pliant à la Loi locale – et ne pouvant s’imposer au détriment des autres philosophies. 

Le même vent favorable, et mystérieux, avait déposé le même mail sur le bureaux d’un journaliste nommé  « contribution externe », qui non seulement avait entendu le même « cri du cœur » mais aussi l’avait laissé s’exprimer dans un article intitulé : « Hamid Benichou : « Nos responsables politiques, avertis par mes cris et mes colères, n’ont pas réagi » Un cri du cœur de Hamid Benichou, premier agent de quartier bruxellois d’origine immigrée. » Sans aucune vérification quant à la véracité de vos propos puisque que vous êtes, le vent favorable l’avait déjà dit, « un type bien, une personne fiable, qui sait assumer ses responsabilités, sur qui on peut compter. »

Le Roi est nu !

Sous les dehors d’un musulman sincère menant un combat contre ceux qui « travestissent l’islam en religion de haine », ne menez-vous pas, en fait, Monsieur Benichou, « une lutte contre la radicalisation de l’islam », comme le disait votre souteneur Yéh’ezkel Ben Avraham cité ci-avant ? Sinon, votre ami vous avait-il mal compris ? Avait-il cru que vous luttiez contre « la radicalisation » de cet individu étrange nommé « islam », alors que, vous, vous disiez combattre les individus qui « travestissent l’islam en religion de haine » ? En son temps, n’aviez-vous pas lui posé la question ? Je crois que vous ne l’avez pas fait parce que vous savez que la lutte contre ceux « travestissent l’islam » n’est pas la leur, bien au contraire. Seriez-vous étonné si vos amis vous demandent un jour de parler du « terrorisme de l’islam » ?

Quant aux vos dénonciations qui n’auraient pu faire réagir ceux que vous appelez « nos responsables politiques » sans jamais faire des distinctions ni citer des noms, ainsi que vos cris et colère qui n’auraient pas été entendus par ces dernières, sont-ils des mythes ou des faits ? La présente que vous avez en main, a pour ambition ou pour objet de répondre à tant bien que mal à ces questions espérant éclairer entièrement le champs en 2018 pour pouvoir enfin semer les grains pour qu’ils puissent percer la terre, en 2019, au printemps prochain.

Le premier appel

Le 24 mai 2014, quatre personnes étaient froidement assassinées au Musée Juif de Bruxelles par Mehdi Nemmouche, un néo-fasciste dit « islamiste ». A cette occasion, vous avez publié un appel aux « citoyens belges musulmans » : « J’ai honte : ma religion est-elle tombée si bas pour qu’elle soit prise en main et gérée par des voyous autoproclamés imams en prison, de mèche avec des prédicateurs sans scrupules, des associations caritatives douteuses, et autres confréries toxiques. » Et ce avant d’inviter, en bon père de famille indigné, « les musulmans d’Europe à monter dans le train qui mène à ces valeurs d’humanité et de progrès social, plutôt que de demeurer bêtement dans la gare à regarder le quai. Nous, musulmans d’Europe, devons combattre ces agents du diable qui travestissent l’islam en religion de haine, qui prônent le retour du califat et des guerres de religion. Nous devons prendre des décisions fermes contre ces dérives sectaires . Je le dis avec force : pas de liberté pour ces ennemis de la liberté qui veulent nous imposer une lecture fondamentaliste et conflictuelle de l’islam. »

Vous n’étiez pas seul sur ce terrain non plus : dans son chronique intitulé « Merci Hamid » et publié sur son site le 4 juin 2014, Madame Nadia Geerts très touchée par votre honte pathétique, disait : « Non, chers musulmans de Belgique, vous n’êtes pas responsables de Nemmouche, ni de Merah, ni de Ben Laden et de ses sbires. Evidemment non. Mais oui, je pense que nous avons besoin, nous, non-musulmans, de vous entendre dire « NON » à ces meurtriers, de vous entendre leur dire que votre islam n’est pas celui-là. Nous en avons besoin parce que les formules incantatoires, les exhortations à la tolérance, à l’amour de la diversité et au vivre-ensemble ne suffisent plus. »

Puis, Monsieur Pascal Vrebos, journaliste « M Belgique », beau parleur affable, lança à son tour un appel pour encourager « l’organisation d’une séance d’indignation collective » : « Musulmans, indignez-vous. Il faut que l’on vous entende vous indigner que des imposteurs, avec lesquels vous n’avez rien avoir, se soient emparés d’une interprétation de l’islam qui n’est pas et ne sera jamais la vôtre. Comme l’écrivait Euripide, en d’autres temps, « le silence est un aveu ». Reste à savoir de quoi.

Et c’est vrai, le silence fut un aveu !

A lire et à écouter ces « conseils », ce n’est pas parce que nous vivons à la même époque que nous sommes nécessairement des contemporains, me disais-je ; durant quarante ans, nous, les musulmans, n’avons cessé de manifester notre désespoir dans les coins de rues et sur les places publiques tant en Belgique qu’en Turquie pour dire « NON ».

« NON », chers amis, chers non musulmans et musulmans, l’islam que l’Etat belge et ses alliés musulmans turc, saoudien et marocain nous imposent – et que nous combattons – ne peut pas être le nôtre. Nous avons besoin, nous musulmans, de vous entendre dire « NON », l’islam de la Belgique n’est pas celui-là. « OUI » nous sommes étouffés et il faut que l’on vous entende – les non musulmans – vous indigner que vous n’avez rien avoir avec des imposteurs qui se sont emparés, avec la complicité plus qu’intéressée de l’Etat belge et ses alliés, d’une interprétation de l’islam qui n’est pas et qui ne sera jamais celui de la Belgique. Nous en avons besoin parce que les formules incantatoires, les exhortations à la tolérance, à l’amour de la diversité et au vivre-ensemble ne suffisent plus.

Comme l’écrivait Euripide, en d’autres temps, le silence qui régna en maître fut un aveu, et nous savions, nous les musulmans, c’était le silence de quoi : ce silence-là était l’aveu de ne pas vouloir, ou de ne pas pouvoir, mettre un terme à la collaboration de l’Etat belge avec les oppresseurs des citoyens de confession musulmane dans notre pays. Le danger était là. Tout le monde le savait. Tout le monde était au courant. Mais personne n’avait apparemment intérêt à réagir ni à agir. Il est vrai qu’à cette époque, comme aujourd’hui, il était impossible de faire le tri entre l’essentiel et l’accessoire en politique. La crise économique liée aux chocs pétroliers et la révolution iranienne avaient contribué à rendre notamment la théocratie saoudienne plus « modérée » eu égard au charme irrésistible des pétrodollars de la terreur et à l’urgence de la signature des contrats d’import-export.

Le 22 mars 2016, notamment, j’avais envie de sortir dans la rue et hurler pour que nous organisions une marche blanche, comme celle du mois d’octobre 1996, pour interpeller nos gouvernants – dont on fera jamais le procès – pour qu’ils nous expliquent comment et pourquoi nous en étions arrivés là. Puis, je m’en suis abstenu par crainte d’être seul dans la rue comme par le passé et d’être à nouveau séquestré dans un hôpital psychiatrique ou dans une maison d’arrêt. Mais, j’ai eu honte de ma lâcheté en pensant à Socrate qui, selon Cicéron, a fait descendre la philosophie du ciel sur terre : « Il vaut mieux, pour moi, disait-il, être en désaccord avec tout le monde que l’être avec moi-même tout seul. » 

Le deuxième appel

Le 24 mars 2016, vous avez récidivé, Monsieur Benichou : le surlendemain des attentats commis le 22 mars à l’Aéroport Bruxelles National et dans le métro de Maelbeek à Bruxelles par trois autres néo-fascistes dits également « islamistes », vous avez publié un autre appel dans lequel vous disiez en posant en héros national : « Je dénonce depuis des années, la présence de l’islam radical dans certaines communes belges et plus particulièrement bruxelloises Nos responsables politiques, avertis par mes cris et mes colères, n’ont pas réagi. Parce que c’était « tendance ». »

Par ce deuxième appel, vous avez enfin levé la couverture sur vos ambitions et mis en exergue votre volonté de réécrire votre propre histoire – une imposture – en poussant dans l’ombre tout ce qui vous empêche d’adapter la réalité à vos désirs et aux désirs de vos souteneurs ô combien intéressés. Pour ce faire, vous avez délibérément confondu votre mission secrète au service du vieux régime algérien, votre travail policier de récolte de renseignement dans les ghettos peuplés notamment par les immigrés turcs et marocains et le développement, depuis 1974, du fondamentalisme islamique dans ces mêmes ghettos.  

Attention aux agissements des jaloux

Un article de propagande très élogieux à votre égard fut publié le 1er juillet 2014 sur le site du CCLJ (Centre Communautaire Laïc Juif ). Le 27 juillet 2014 nous lisions en dessous de cet article un commentaire (témoignage) de Monsieur Pierre-Yves Lambert autoproclamé « chercheur indépendant ». Il disait : « Il est navrant de constater que cet article relève de l’hagiographie sans aucune vérification quant à la véracité des propos de Benichou.

Extrait de l’article « Après quelques formations, il rejoint une asbl communautaire algérienne, où déjà il s’oppose à la mainmise du FLN. « Applaudir et lever la main quand il faut, ça n’a jamais été mon truc », confie-t-il en toute simplicité. En travaillant au Consulat d’Algérie ensuite, » Moi je me souviens, en 1987, de réunions au MRAX avec Mme Jospa au sujet du droit de vote des étrangers (le groupe « Droits politiques pour tous »). Benichou y représentait les Amicales des Algériens, la branche extérieure du parti unique FLN. Et dès qu’il a entendu que l’organisation dont j’étais membre (le Partito radicale) était en contact avec des organisations d’opposants à la dictature algérienne, il m’avait invité à rencontrer un « étudiant de l’Université de Liège » au café « Le Gendarme », situé près de City 2.

J’ai accepté par curiosité, tout en me doutant de ce qui allait suivre, sachant très bien ce qu’étaient les « Amicales ». En fait d' »étudiant », je me suis retrouvé face à une caricature d’agent des services de renseignements algériens, avec moustache et pardessus beige, qui entreprit une sorte d’interrogatoire pour savoir avec qui le PR était en contact, « des trotskystes ? des islamistes ? ». L' »entretien » n’a pas duré longtemps, et je n’ai plus revu Benichou pendant 5 ans. En 1993, j’ai été fort surpris de constater qu’il était devenu agent de quartier à Saint-Josse. Entretemps, il y avait eu une dissolution des Amicales suite à la fin du régime de parti unique en Algérie, il avait donc perdu son boulot d’indicateur du régime FLN et il s’est donc tout naturellement tourné vers une carrière dans la police belge. »

Votre réponse du 29 juillet 2014 était limpide : « Bonjour, disiez-vous, je suis convaincu que mon collègue Pierre -Yves Lambert « pseudo spécialiste de l’immigration Maghrébine » a d’énormes difficultés à accepter que des personnes issus de ce groupe aient une visibilité. » Le témoignage du  » pseudo spécialiste de l’immigration Maghrébine » devenu « votre collègue » était-il un faux ? Cela vous importait peu. Ce qui vous importait était de laisser croire que vous étiez Victime des agissements d’un grand belge blanc jaloux ayant d’énormes difficultés à accepter que vous, le petit basané « issu du groupe de l’immigration Maghrébine », ayez une visibilité auquel vous êtes très attaché.   

A qui profite le crime

Vous êtes, Monsieur Benichou, le seul agent du quartier qui a osé faire, avec l’aide de vos souteneurs compétents, ce que personne n’a osé faire dans l’histoire de la Belgique : Vous avez osé nous présenter un combat contre le « radicalisme de l’islam en Belgique » que vous auriez mené depuis de longues années, alors qu’il s’agit là de votre  boulot de dénoncer auprès de qui de droit les agissements que vous auriez observés dans les ghettos ; c’est un travail, et non un combat, pour lequel, si je ne me trompe pas, vous avez été payé. Personnellement, je n’ai pas entendu vos cris ni votre colère avant 2014. Par contre, j’ai vu en 1988 le bourgmestre de Saint-Gilles, Monsieur Charles Picqué, exprimer sa colère face à l’intolérable. Au mois de mars de cette même année, lui aussi était seul à s’opposer notamment au tenu du 5ème congrès à Bruxelles de la tendance Fiqh Malékite d’Abu Dhabi, dont se réclame entre autres la religion officielle du Maroc.

Dans un propagande concernant  ce congrès, nous lisions : « Lors du 4ème congrès de Fiqh Malékite, qui s’est tenu à Abu Dhabi, s’est réuni l’élite des théologiens qui ont vraiment vécu l’Islam et ses principes pendant toute la durée des travaux du Congrès et se sont rendu compte des dangers qui menacent l’Islam et la civilisation islamique et le complot qu’essaie de fomenter l’Occident et le Sionisme contre la Communauté musulmane en essayant de les trainer vers des voies idéologiques communistes ou des sectes telles Bahai’s et les témoins de Jéhovah, etc. »  

L’organisateur du congrès, Muhammed Benyaich expliquait dans un entretien qu’« en vertu de la loi belge, l’Islam est la troisième religion en Belgique et cela est un l’honneur que les autorités belges et le Roi Baudouin 1er, nous font. ». Et il préconisait des « tribunaux de réconciliation établis sur le modèle islamique et, prévient aussi que Bruxelles va devenir l’école islamique, l’institut et l’université de toute la communauté de Saint-Coran. » Après avoir lu cet entretien et les document effroyables – je les ai encore sous les yeux – que Monsieur Picqué m’avait transmis après notre rencontre dans son cabinet., j’ai été révolté en me demandant ce que les autorités belges comptaient faire dans le futur proche avec cette troisième génération maghrébine qui fut sauvée grâce aux « autorités belges et le Roi Baudouin 1er. » Et un jour, ces mêmes autorités se demandaient pourquoi les terroristes à Paris et à Bruxelles étaient des enfants de la 3ème génération.

Servir ou se servir

Comme tant d’autres l’ont fait dans le passé et tant d’autres le font encore aujourd’hui dans les ghettos d’immigrés opaques et impénétrables malgré les apparences, vous ne servez pas la cause que vous prétendez défendre, vous vous en servez pour la meilleure satisfaction de vos ambitions personnelles et des intérêts de vos souteneurs. Contrairement à ce que voulez faire croire, vous n’auriez pas été dans le passé, et vous n’êtes pas à présent, un homme qui s’engage. Dans le passé, vous auriez été, et à présent, vous êtes un homme qui est engagé afin de brouiller les pistes pour que le vrai et le faux soient indiscernables, et que la recherche de la vérité soit transformée en problèmes de pouvoir et de rapport de force.

Dans votre appel du 24 mars 2016 diffusé par certains journaux et organisation, vous proposiez de « faire une cartographie de tout ce qui est lié à l’islam, en passant au peigne fin les mosquées, les écoles coraniques, les associations cultuelles, culturelles ou caritatives afin de savoir qui est qui et qui fait quoi, quel sont leurs sources de financement, quelle est leur idéologie » Ainsi, vous apportiez vous-même la preuve que vous prêchez dans l’ignorance de ce qui fut fait dans ce bas monde entre 1968 et 1990. Ici, nous sommes en Belgique et non, par exemple, en République de Recep Tayyip Erdogan. Ici, « on ne passe pas » – pas encore – au peigne fin », et arbitrairement, « les lieux de cultes, les associations cultuelles, culturelles ou caritatives. » Pour le savoir, il fallait que vous transmettiez votre proposition sensationnaliste lancée en l’aire aux autorités belges compétentes, comme, par exemple, le ministre de la Justice qui a dans ses compétences le financement des mosquées reconnues ou les ministres régionaux des Pouvoirs Locaux qui ont dans leurs compétences la reconnaissance des mosquées dans leur région respective. L’avez-vous fait ? Si non, pourquoi ? Si oui, aviez-vous eu une réponse et laquelle ?

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi »

« Oui Chef oui, oui Chef, oui Chef, Chef ! »

ici, il me parait important de souligner ceci : le 24 décembre 2018 à 21 heures 13, j’ai lu la remarque suivante sur votre page Facebook : « J’ai dû bloquer, disiez-vous, le monsieur qui a traité mes concitoyens d’infidèle sur mon mur. » Si moi j’étais à votre place, j’aurais dit : j’ai dû bloquer le monsieur qui a traité d’infidèle les citoyens, les amis ou les personnes qui dialoguent sur mon mur. Quand vous dites systématiquement « mes concitoyens », en vertu de quel statut et à qui parlez-vous ? En vous lisant, j’ai chaque fois l’impression d’entendre, par exemple, le Général Aptal Fattah al-Sissi s’adressant à ses  « chers citoyens ». C’est inquiétant eu égard notamment à ce que Monsieur Mikael Privot, ex-Frère Musulman, écrivait dans sa chronique intitulée « Hamid Benichou, le dernier chien de garde de médias belges en quête de sensationnalisme ? » « Loin de moi, disait-il, l’idée de condamner M. Benichou pour des engagements qu’il aurait pu prendre dans sa jeunesse, car de nombreux témoignages font état du syndrome du parti unique et de sa nature à vouloir tout contrôler, manipuler et diriger, qui est encore vivace dans les mémoires des immigrés à travers la défunte Amicale des Algériens en Europe. »

Ceci étant dit, revenons sur votre proposition ; avant de proposer quoi que ce soit, à qui que ce soit, j’ai interpellé le 25 mai 2018 Madame Valérie De Bue, Ministre Wallonne des Pouvoirs Locaux, en la priant de nous dire le nombre de mosquées turques reconnues en région wallonne (ce que je sais), et quelles sont les organisations turques qui détiennent les titres de propriété de ces mosquées (ce que je sais également). Autrement dit, je souhaitais qu’elle confirme par écrit qu’elle sait que les propriétaires des mosquées turques reconnues en Wallonie, comme ailleurs, sont les deux organisation turques d’extrême droite. Cinq mois plus tard, le 9 novembre, Madame la Ministre m’a enfin donné une réponse et non pas la réponse à la question posée: « Il ne m’appartient pas, me disait-elle, de classifier (les mosquées) sur d’autres bases telles que l’origine des communautés ou le propriétaire du lieu du culteJe ne peux dès lors que vous renvoyer vers l’Exécutif des Musulmans de Belgique. »

En parlant à Madame la Ministre des mosquées turques, j’avais bien indiqué « l’origine de la communauté », et en lui demandant d’identifier les organisation propriétaires de ces mosquées, j’avais bien demandé qui sont « les propriétaires des lieux ». Elle pouvait nous communiquer les identités des propriétaires, sans citer les organisations, puisqu’elle doit les connaitre légalement pour pouvoir reconnaître les mosquée. Mais, comme elle est censée de ne pas savoir en principe ce qu’elle sait en fait – les vraies propriétaires des mosquées devant être couverts par le secret d’Etat le mieux gardé – elle a préféré de me faire passer pour un ignorant qui lui aurait demandé de classifier les mosquées sur des bases illégales. Ce qui était extraordinaire, c’est qu’en me renvoyant vers l’Exécutif des Musulmans de Belgique, elle laissait sous-entendre que ce dernier pouvait faire ce qu’elle ne pouvait pas faire elle-même : classifier les mosquées sur d’autres bases que sur des bases légales.

Prêcher par ignorance

Selon vous, il faut que « les musulmans arrête la victimisation, cesse de pleurer sur leur sort pour aller de l’avant » ; ici aussi, vous apportiez vous-même la preuve que vous ne connaissez absolument rien de ce qui fut fait dans ce bas monde entre 1968 et 1990 : « Le passé est l’avenir d’hier et le présent est le passé de demain. Si le présent éclaire le passé, le passé lui-même éclaire l’avenir», nous a-t-on enseigné, ici, en Belgique. A présent, Monsieur Benichou, le but poursuivi par nos gouvernants est exactement le même que le vôtre : pousser dans l’ombre le passé – dont nous sommes prisonniers – pour en assurer la continuité aussi longtemps que possible, quitte à mettre en danger ce qui reste encore de la cohésion sociale dans notre société. Ce passé est comme le voleur qui ne lâche pas sa victime : papa, crie le gamin sur le toit, j’ai attrapé le voleur. Amène-le ici répond le père. Le fiston répond : il ne vient pas. Et quand le paternel lui demande de le lâcher et descendre seul, il répond : il ne me lâche pas.

La situation moyenâgeuse dans laquelle se trouvaient enfermés les citoyens de confession musulmanes avant les attentats est intacte, pour ne pas dire pire qu’avant. Elle sautera sur notre figure le jour où le terrorisme sera chose passée. Nos gouvernants font, dans les circonstances actuelles, exactement ce qu’ils ont fait durant quarante ans dans le cas du développement de ce que l’on appelle aujourd’hui le « radicalisme islamique ». Et ils savent que le peuple n’est préparé qu’aux vérités simples, et dès que celles-ci deviennent complexes, elles se perdent dans les méandres qui, in fine, ne profitent qu’à Recep Tayyip Erdogan en Turquie, à Victor Orban en Hongrie, à Matteo Salvini en Italie, à Marine Le Pen en France, à Sebastian Kurz en Autriche, à Frank Franz en Allemagne …

Et voilà l’imposture

Vos prétendus « cris et colères » qui n’auraient pas été entendus par « nos responsables politiques » ainsi que le prétendu « combat » que vous auriez mené depuis « de nombreuses années contre la radicalisation de l’islam en Belgique » sont des mythes et non des fait, Monsieur Benichou. Je trouve tout à fait honorable qu’un croyant sincère soit offusqué (ait honte !) de voir sa religion « tombée si bas pour qu’elle soit prise en main et gérée par des voyous autoproclamés imams en prison, de mèche avec des prédicateurs sans scrupules, des associations caritatives douteuses, et autres confréries toxiques. Mais, moi seul, je ne trouve pas les réponse aux questions suivantes : 

Comment se fait-il que, jusqu’au 24 mars 2016, vous n’aviez pas honte et de rien ? Pourtant, il fut un temps où votre religion se traînait sur le sol. Par exemple :

– N’aviez-vous pas honte lorsque vous avez appris, je ne sais en quelle année, que votre religion fut tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée par l’Etat belge en confiant en 1968 les clés du pavillon oriental du Cinquantenaire à Bruxelles à la Ligue Mondiale Islamique saoudienne à des fins que vous ne pouviez certainement pas ignorer  ?

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée par l’Etat belge – et à quelles fins – en confiant en 1974 à cette même Ligue le pouvoir exclusif de la gestion temporelle et de la représentation de l’islam en Belgique ?

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée, dès 1978, notamment par l’Etat turc, plus exactement par la brache militaire turque du Gladio, pour l’édification et la pérennité éternelle de l’empire turc de l’extrême droite notamment en Belgique et dans différents pays européens ?

– N’aviez-vous pas honte lorsque vous avez appris que votre religion fut tombée si bas pour qu’elle soit, depuis 1945, instrumentalisée – comme un vulgaire moyen qui justifie la fin – par l’Occident (USA et Europe Occidentale) et leurs alliés musulmans à des fins politiques, économiques, guerrières, financières, énergétiques et géostratégiques ?

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée par Monsieur feu Ariel Sharon, alors Ministre de la Défense d’Israël, pour favoriser la création du mouvement théocratique (islamiste) Hamas pour affaiblir l’O.L.P. ?

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas lorsque vous avez lu la déclaration du général Segev, gouverneur militaire de Gaza, qui disait : « Nous offrions un peu d’aide financière à certains groupes islamiques. Nous soutenions des mosquées et des écoles dans l’intention de développer une force de réaction contre les forces de gauche qui soutenaient l’O.L.P » ? : une réalité fut confirmée par Charles Enderlin lors d’un entretien télévisé en 2018 en ces termes :

« Lorsqu’il y a eu les grands attentats, Charlie Hebdo et Bataclan, tout à coup le public français se dit « tiens, on nous attaque. Il y a des attentats. Pourquoi ils font ça ? » Alors qu’il n’y avait pas de véritable analyse, pas d’explication profonde sur ce qui se passait. Il a suffi deux grands attentats pour que les français commencent à comprendre les dangers du djihadisme. J’ai régulièrement couvert le développement de l’islam radical notamment à Gaza, qui a été développé et encouragé par les autorités israéliennes, par l’armée israélienne. En 1973, c’est le gouverneur de Gaza qui, avec Cheikh Yassine, a inauguré l’immeuble des Frères musulmans à Gaza approuvé par l’administration militaire. Oui, il y a un problème fondamental pour les européens de comprendre la nature de ce que certains appellent l’intégrisme. »

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée par le Président des Etats-Unis, Rolande Reagan, qui estimait que ses jihadistes musulmans transnationaux recrutés en Belgique, en Europe et dans la plus part des pays à majorité musulmane étaient « les soldats ou les combattants de la liberté » qui menaient la Guerre Sainte, le Djihad d’Amérique, contre le communisme notamment en Afghanistan.

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas après avoir lu John K. Cooley qui nous racontait cet « anecdote » terrifiant : « En En 1980, il fût décidé que la CIA allait réquisitionner un personnel militaire américain spécialisé, avec le soutien des militaires pakistanais, pour former une armée de musulmans fanatiques. Ils seraient bien payés et se déploieraient avec l’aide des gouvernements musulmans et anticommunistes, comme le Pakistan tout proche et la riche Arabie Saoudite. Presque tous seraient musulmans et croiraient que Dieu leur avait ordonné de combattre ses ennemis : les communistes impies et les envahisseurs russes. Leurs récompenses terrestres seraient la gloire et une paie généreuse. Pour ceux qui mourraient en martyrs, la récompense serait au ciel. »

– N’aviez-vous pas honte lorsque vous avez lu ces mots : « Tu es la fierté de notre famille. J’encourage tous tes frères à faire comme toi. Tue beaucoup d’ennemis (juifs, ndlr) et envole-toi vers le paradis où tu trouveras les 72 vierges qui te sont destinées.. » Ce sont les parole d’une mère palestinienne qui croyait que Dieu avait ordonné à son fils, selon CIA, de combattre ses ennemis en contrepartie de promesse de rejoindre le paradis et les 72 vierges qui lui seraient destinées.

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas lorsque vous avez lu Arundhati Roy qui posa la question « Qui est Oussama Ben Laden ? » avant d’y répondre d’une façon magistrale : « C’est le secret de la famille de l’Amérique. Le double noir de son président. Le jumeau sauvage de ce qui se targue de beauté et de la civilisation. Le rejeton d’un monde ravagé par la politique étrangère de l’Amérique prompt à ne faire qu’une bouché de pays pauvres comme s’il s’agissait d’une nuée de sauterelles. Il faisait partie de djihad en Afghanistan en 1979, lorsque la CIA y a lancé ses opérations. Ben Laden possède le privilège d’avoir été créé par CIA et d’être recherché par le FBI. »

A quoi bon d’allonger la liste si ce n’est pour vous demander si vous n’aviez pas honte de vous-même lorsque vous avez lu (je le suppose) le quatrième rapport intermédiaire sur le volet « Radicalisme » de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 22 mars 2016 à l’Aéroport Bruxelles National et dans le métro de Maelbeek à Bruxelles ? Je ne vous croirai pas si vous me dites que vous ignoriez que cette commission aussi avait besoin de vous pour orienter les regards vers l’arbre (la Grande Mosquée de Bruxelles et les Frères Musulmans) pour mieux cacher la forêt afin d’éviter les questions qui fâchent et de protéger les siens en se défaussant sur autrui de ses propres errements. C’est la faute de l’autre.

Je ne vous croirai pas non plus si vous me dites que vous ignorez pourquoi, à la demande de qui, pour quels services rendus et à qui, Monsieur Didier Reynders, Ministre des Affaires étrangères, vous a livré les « Palmes de l’Ordre de la Couronne ». Est-ce parce que vous auriez « dénoncé, depuis des années, la présence de l’islam radical dans certaines communes belges et plus particulièrement bruxelloises. » J’en doute, Monsieur Benichou, car si je faisais la liste des gendarmes et des agents de police qui ont dénoncé, à partir de 1989, la présence et le développement du fondamentalisme islamique dans tous les ghettos en Belgique, je suis persuadé que Monsieur le Ministre n’aura pas assez de Palmes à distribuer.   

Qu‘en déplaise à vous et à vos ami

Je ne suis ni théologien ni savant ni historien des religions. J’ai été élevé dans la culture musulmane ouverte au monde et aux autres religions du Livre, le christianisme et le judaïsme Très jeune, j’ai entendu mon Grand-Père nous citer ces propos d’un Soufi : « Ô mon Dieu ! Ne crois pas à la sincérité de tes partisans, ils ne s’abaissent que pour leurs intérêts. Si tu ne leur avais pas promis le paradis, ils ne se prosterneraient pas, non plus, devant toi. Ô mon Dieu ! Quels que soient les bienfaits que tu me réserves dans ce monde, accorde-les à tes ennemis. » Quels que soient les bienfaits que tu me réserves dans l’autre monde, accordes-les à tes amis. Moi, ton Nom et ton silence suffisent à me combler ». Puis, quand j’ai entendu parler de l’islam en Belgique, et notamment des droits des femmes niés et de la violence prêchée dans le Coran, je me demandais vraiment de quoi on parlait. J’avais l’impression que ceux qui en parlaient étaient ceux qui n’avaient pas encore lu la Bible.

Monsieur Benichou, la défense des dogmes de l’islam ou d’une autre religion ni du nationalisme de quelque bord qu’il soit, n’est pas ma thèse de thé. Je crois cependant que le christianisme est une religion de paix, de concorde et de solidarité si, par exemple, vous faites abstraction des crimes commises dans le passé lointaine par des djihadistes, soldats du dieu « christianiste ». L’islam est une religion de paix, de concorde et de solidarité si, par exemple, vous faites abstraction ne fut-ce que des crimes commise dans le passé très proche par des ‘néo-fascistes mercenaire’, soldats du dieu» « islamiste » . Il en va de même pour le judaïsme si, par exemple, vous faites abstraction de la croisade menée par des djihadistes, soldats du dieu « judaïste », en « terre promise au peuple élu » par un dieu sélectif. In fine, ne s’agit-il pas là de l’histoire de ce que l’homme a fait à l’homme au nom de Dieu unique ?  

Hier, on ne pouvait, aujourd’hui, on peut faire appel à personne

En guise de conclusion, je me permets, une fois encore, de faire miens ici ces propos de Hannah Arendt qui rend, elle aussi, un vibrant hommage au silence assourdissant de Dieu devant l’horreur du nazisme : « Je suis absolument sûre, écrivait-elle, que toute la catastrophe totalitaire ne serait pas arrivée si les gens avaient encore cru en Dieu ou plutôt en l’enfer, c’est-à-dire s’il y avait encore eu des référents ultimes, il n’y en avait pas. Si notre avenir devait reposer sur ce que vous dites maintenant, à savoir que nous disposerons d’un référent qui d’en haut décidera pour nous, je serais tout à fait pessimiste. Si tel est le cas, alors nous sommes perdus. Parce que cela requiert bel et bien l’apparition d’un nouveau dieu. Et vous savez aussi bien que moi qu’il n’y avait pas de normes ultimes à la validité desquelles on pouvait faire appel. On ne pouvait faire appel à personne

Cordialement et mes meilleurs vœux.

Mustafa Uner Sari.

Genval, le 25 décembre 2018.

 

Invitation à un débat démocratique

Plaidoyer pour la protection et la promotion de la Presse libre, indépendante et objective

Chers citoyens,

Chers amis,

Le 25 novembre dernier, j’ai publié (https://wordpress.com/post/mustafasari969507202.wordpress.com/264) un message adressé aux journalistes de la presse quotidienne à propos d’une publicité : « Une fake news peut vous exploser à la figure. La presse quotidienne – l’info d’origine contrôlée – est la solution». Par des réactions enrichissantes que j’ai reçues, j’ai été encouragé à ouvrir le débat à la participation du plus grand nombre de citoyens étant donné que l’indépendance, la liberté et l’objectivité de la presse dans une démocratie vivante ne peut nous laisser indifférent. Personnellement, j’ai réagi, qui ne dit mot consent, lorsque j’ai pris connaissance de cette publicité parce que la solution catégorique, sans nuance, qu’elle propose répudie tout changement pourtant tant désiré par ce qui reste des lecteurs ; elle prend son désir, qui est aussi le nôtre, pour la réalité. Sinon, il faudrait qu’un journaliste nous explique comment se fait-il que, durant des années, tant de conneries – des fake news – ont explosé sur nos figures.

 

Ceci étant, je souhaiterais soulever ici le constat suivant, fruit de mon expérience : il ne faut jamais oublier qu’il vaut mieux parfois ne pas croire à ce que disent ceux qui estiment savoir de quoi ils parlent : dans un article publié dans ‘le Soir’ du 18 octobre 1994, Monsieur Eric Renette, journaliste, remarquait que j’avais « pris pour preuve (légère!) un article de presse » en citant devant la justice le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme dans le cadre de l’institution du énième Exécutif des musulmans de Belgique. Ce journaliste avait-il raison parce qu’il était bien placé pour savoir qu’une information publiée dans la presse ne serait pas « une info d’origine contrôlée », autrement dit, elle ne serait pas, dans les faits, une preuve de la véracité de cette même information ? Dans ce cas, le journaliste n’avait raison : comme je croyais et comme je crois encore, certains journaux publient des « informations d’origine bien contrôlée » : et l’information que j’avais « prise pour preuve » était bien une preuve précieuse qui fut publiée le siècle dernier dans le journal néerlandophone ‘De Morgen’.    

Tromperies, mensonge, manipulation où information ?

Dans le combat, il y a des jours vraiment pénibles où des informations « d’origine contrôlée » vous interpellent avec une violence morale inouïe. Je voudrais prendre ici deux exemples différents de ceux qui étaient déjà cités dans le message évoqué plus haut afin d’aller au-delà de mon expérience personnelle afin de saisir l’enjeu concernant notre société entière

Un exemple concernant l’Etat turc

Le 27 janvier 2015, a été publié dans ‘la Libre Belgique’ un entretien de deux pages réalisé par Monsieur Jean-Bosco d’Otreppe, journaliste. J’ai été littéralement révolté lorsque j’ai vu en plein milieu de la première page – et bien mise en évidence avec des lettres grasses – une déclaration d’un imam, Frère de Verviers, Monsieur Noureddine Smaili, alors président du très officiel « Exécutif des musulmans de Belgique » : « C’est la première fois, disait-il, dans l’histoire de l’Exécutif qu’il y a une entente totale entre les Turcs et non-Turcs. Je peux vous garantir que la Turquie n’a pas d’influence directe sur les mosquées en Belgique. »

Une déclaration en opposition frontale avec un fait indéniable que le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique ne pouvait pas ne pas connaitre : la fondation religieuse turco-islamique de l’ambassade de Turquie à Bruxelles – le nid des organisations turques d’extrême droite appelé aussi « Diyanet de Belgique » – est propriétaires de 72 mosquées en Belgique. Mais, selon l’imam qui disait ce que « les Turcs » lui avaient demandé de dire, la Turquie n’aurait pas d’influence directe sur les mosquées en Belgique, même pas sur ses propres mosquées. Donc, tout ceux qui dénoncent depuis des décennies l’influence nuisible de la Turquie dans les mosquées en Belgique seraient de vulgaires charlatans, en manque de sensation forte, qui lutteraient contre les moulins à vent. Durant des semaines, j’ai demandé au journaliste concerné que ce vil mensonge volontaire et délibéré soit rectifié dans son journal et à la même page où il était paru. En vain ! J’espère que, à ce sujet, les générations futures ne feront pas des recherches dans les archives de ‘la Libre Belgique’.

Quant au Frère président, il me disait dans son courriel du 22 mars 2015 : « Il y a un accord d’Etat à Etat dans lequel je n’ai pas le droit d’émettre un avis. Je suis chargé de gérer le temporel et rien que le temporel. » ; sous prétexte de représenter les musulmans de Belgique auprès de l’Etat belge, le président avait pour mission de « gérer le temporel et rien que le temporel » dans le respect strict des conditions secrètes de « l’accord de l’Etat à Etat ».

Un exemple concernant l’Etat belge

Un dossier publié dans le Vif/L’Express du 13 décembre 2013 avait pour titre interpellant : « Comment l’Arabie Saoudite a imposé son islam rigoriste à la Belgique ». Deux années plus tard, un autre dossier publié le 6 mars 2015 aussi dans le Vif/L’Express, a eu pour titre encore plus accrocheur : « Comment les Frères musulmans ont pris la Belgique en otage. » En lisant ces titres – indépendamment des contenus appréciables des deux dossiers – je me demandais si Madame Marie-Cécile Royen, ne disait pas aux «infidèles à la Belgique» qu’il fallait cesser de culpabiliser la Victime qui aurait été réduite au silence par l’Arabie Saoudite et prise en otage par les Frères musulmans. Et qu’il suffisait de lire ses dossiers – mais comme les lirait un chien de Pavlov – pour se dire au terme de la lecture : ‘Voilà, j’ai compris comment l’Arabie Saoudite a imposé – sans char ni canon – son islam rigoriste à la Belgique, et comment les Frères musulmans ont pris la Belgique en otage sans fusil ni char ni canon’.

Alors qu’il n’en était rien dans la réalité. Madame Royen transmettait à ses lecteurs ses opinions présentées sous les dehors des faits indéniables ; L’Arabie Saoudite n’a rien imposé à la Belgique, Les Frères n’ont pas pris la Belgique en otage : la Ligue islamique mondiale saoudienne et les Frères, comme tant d’autres organisations d’inspiration théocratiques, ont fait partout en Belgique – dans des rues, dans des écoles, associations, mosquées, cercles, sur les marchés, lors des conférences – ce qu’ils estimaient devoir faire au vu et au su de tous, et ce avec la complicité des partis politiques belges démocratiques de toutes tendances, et surtout avec la bénédiction bienveillante des Etats notamment belge, turc et marocain.

Eu égard à cette réalité dont nous étions des témoins vivants sur le terrain, Nous aurions mieux compris si Madame Royen nous avait dit ceci : pendant que l’Arabie Saoudite imposait son islam rigoriste non pas à la Belgique mais aux musulmans de Belgique pris en otage par les Frères musulmans transnationaux dans les ghettos soigneusement encadrés, les autorités belges étaient devenues sourdes et aveugles ; elles étaient trop occupées par la signature des contrats pétroliers et commerciaux, et par leur souci du bon déroulement du versement à qui de droit des pots de vin colossaux, comme ce fut le cas, par exemple, du contrat d’Eurosystème Hospitalier pour compte de la Garde National saoudienne.

A ce propos aussi, je crois que la vérité historique était bien gardée par Madame Fortunato Habib Israël, alias Madame Tuna, qui avait dirigé à l’époque, depuis le Bulding Brusilia sis avenue Louis Bertrand à Schaarbeek, un réseau de prostitution de Luxe, des call-girls choisies en fonction des goûts royaux et princiers cosmopolites (voir Georges Timmermans, ‘Main Basse sur Bruxelles’ ; Argent, pouvoir et Béton, Edition EPO, 1991, pp. 122-123 et Paul Belien, ‘Riyadh to Brussels: A Tale of Two Womanising Kings’, The Brussels Journal, le 01.08. 2005).

Conclusion

Compte tenu des exemples, parmi tant d’autres, cités ici et dans ledit message, que pensez-vous, chers citoyens, chers amis, de cette publicité sans nuance : « Une fake news peut vous exploser à la figure. La presse quotidienne – l’info d’origine contrôlée – est la solution » ?

Dans notre pays, que pourrait-on faire, selon vous, pour la protection et la promotion de la presse libre, indépendante et objective mue autant que possible par la recherche – et ce n’est pas chose facile à notre époque – de la vérité et de l’information authentique ?  

Merci d’avance pour votre avis et pour votre vigilance citoyenne, sans faire appel, S.V.P, à des considérations sensationnalistes et démagogiques dignes des vrais ennemis de la liberté de la presse et de la liberté d’expression qui nous sont très chers.

Et quoi qu’il arrive, vive la presse libre, indépendant et objective ; le contre-pouvoir par excellence dans une démocratie vivante et joyeuse à toutes les saisons.

Mustafa Uner Sari.

Genval, le 6 décembre 2018.