À propos

Mustafa Sari, citoyen belge d’origine turque, licencié en Sciences économiques de l’Université de Louvain, fonde en 1981 l’asbl « La Maison des Turcs » dédiée à l’intégration des personnes immigrées et à la solidarité envers les plus démunis d’entre eux.

Au travers d’une longue pratique de terrain, M. Sari découvre progressivement, preuves à l’appui, l’existence de « réseaux » mafieux « turco-belges » organisant divers trafics visant au monnayage à prix exorbitant des besoins et nécessités de la population immigrée et à l’infiltration d’organisations d’extrême droite dans les arcanes du pouvoir.

En citoyen responsable et concerné, M. Sari a mené un combat de plusieurs années afin de dénoncer et de mettre à mal un certain nombre de pratiques délictueuses et extrêmement lucratives (faux documents médicaux, permis de conduire, traductions mensongères, arnaques à la sécurité sociale, etc.) ainsi que la collaboration et la complicité dont bénéficient notamment ces « organisations » dans les rouages des Etats belges et turcs.

Cependant cette vigilance dérange… A tel point que, le 25 juillet 1986, M.Sari fait l’objet d’une tentative d’assassinat à Ankara. Le 21 juin 1995, M. Sari est convoqué au Palais de Justice de Liège pour « confirmer une plainte » qu’il avait déposée un an auparavant contre une organisation d’extrême droite turque. A son arrivée, M. Sari est arrêté par les forces de l’ordre, menotté et écroué à la prison de Lantin. Il est accusé de détournement de subsides au préjudice de l’asbl qu’il a fondé. Il est libéré 4 jours plus tard. Discrédité, humilié, socialement et professionnellement « brisé », M.Sari entame une première grève de la faim, à durée déterminée, afin d’alerter le public. Cependant le parquet veut « étouffer » le dossier, et ce n’est qu’à l’issue d’une seconde grève de la faim de 40 jours que l’audience est finalement fixée au 7 juin 1996 : la Chambre du Conseil prononce le non-lieu deux semaines plus tard. Le Parquet fait appel, le calvaire de M. Sari se poursuit pour une seconde année de suspicion jusqu’au 2ème non-lieu arrêté le 17 avril 1997 par la Chambre des mises en accusation. M. Sari est donc « blanchi » aux yeux de la Loi.

Cependant, il reste convaincu que derrière son arrestation se cache une pratique de dissuasion et de mise à l’écart d’un citoyen, d’une association et d’un combat visant à promouvoir les droits civiques en dénonçant extrémismes et corruptions. Respectueux des règles de Droit, il sollicite alors qu’une enquête soit menée afin de faire toute la lumière sur la « légalité » et les motifs de sa mise en accusation. Persuadé qu’il ne sera pas accédé à sa requête, il entame le 17 septembre 1997 une grève du siège et de l’attente devant le palais de Justice afin d’appuyer sa demande. Ce n’est que le 27 janvier 1998 que le refus d’enquête lui est signifié, par écrit, par le Procureur Général, Mme Anne Thily.

M.Sari est à bout, mais il « contre-attaque ». Il considère que Justice ne pourra être rendue sans la reconnaissance des véritables motifs de son arrestation et de l’identification de ceux qui l’ont fomenté. Il souhaite y parvenir uniquement par les moyens que lui confère le Droit et prétend disposer de suffisamment de preuves pour étayer ses accusations. Le 3 février 1998, il dépose entre les mains du Ministre de la Justice, Stefaan De Clerck (CVP), une requête pour l’ouverture d’une enquête pénale à charge de Mme Thily pour motif de: « corruption par solidarité de corps, rétention de pouvoir, faux et usage de faux dans l’intention de couvrir des actes criminels et délictueux ». Il reçoit en réponse du Ministre que sa requête a été transmise aux dites « autorités compétentes ». Non satisfait de cette réponse et craignant un nouvel « enterrement » du dossier, M. Sari sollicite l’intervention des Députés fédéraux « Ecolos » afin que, dans le cadre de leur devoir du contrôle démocratique de l’Exécutif, ils interpellent le Ministre de la Justice sur la question de savoir : « à quelles autorités compétentes le Ministre dit avoir transmis la requête ? ». Le 09 juillet 1998, afin d’appuyer la démarche des députés, il s’installe dans sa voiture devant la régionale Ecolo (48 en Hors-Château) et entame une troisième grève de la faim. 50 jours plus tard, à nouveau à bout de force, il recommence à manger. Les députés d’un Parti auquel il avait accordé sa confiance persistent à ne pas poser la question au Ministre. M. Sari reste pendant plusieurs mois sans nouvelle du véritable suivi accordé à sa requête.

L’importante communication épistolaire échangée durant plus de deux ans peut suffire à convaincre des multiples tentatives de diversion entreprises par divers responsables « Ecolos » afin de ménager « la chèvre et le choux ». S’agit-il de prétendre à la défense d’un Etat démocratique au prix de silences effrayants et du non respect des droits fondamentaux de ses membres ? En décembre 98, incapable de répondre adéquatement à la sollicitation légale d’un citoyen, Ecolo porte plainte pour injures après avoir commandé, monnaie sonnante et trébuchante, à l’ex-avocat de M. Sari, Louis Genet, la rédaction d’une plainte « modèle » dirigée contre son ancien client au mépris des règles déontologiques les plus élémentaires. Le trouble mental y est déjà évoqué. Le 19 mars 1999, suite à l’initiative d’un Sénateur Ecolo, M.Sari est arrêté et « mis en observation » au « Petit Bourgogne » pour « maladie mentale ». C’est à cet « étrange » moment que les responsables écolos décident enfin de poser au Ministre de la Justice, pour la première fois et par simple voie épistolaire, la question sollicitée un an auparavant. Entre-temps, le Ministre de la Justice n’était malheureusement plus Stefaan de Clerck mais Tony Van Parys (CVP). Ce dernier, sans pour autant répondre à la question posée, n’évitera pas de contredire son prédécesseur. Mustapha Sari sortira de l’hôpital psychiatrique 3 jours plus tard munis d’un « certificat de normalité ». Avait-il conservé toute sa clairvoyance, en dépit de 5 longues années d’enfer, lorsque M. Sari qualifia de « fasciste » la nature des méthodes employées, à son détriment, par certains responsables Ecolos ? Le parti Ecolo peut-il ainsi se contenter de lui « donner raison » ou doit-il, au contraire, démontrer et mettre en oeuvre, au plus vite et par les faits, les principes démocratiques constitutifs de son positionnement sur la scène politique ? Les responsables « Ecolos » ont-ils pris conscience que le fait d’adopter, dans cette affaire, des attitudes d’indifférence, de résignation ou une considération de façade masquant le « Silence » que M. Sari dénonce, porterait atteinte aux fondements même des valeurs démocratiques de notre société et de notre Constitution ? L’ancien Ministre de la Justice, porté au pouvoir par l’indignation collective, Marc Verwilghen (VLD), a fait savoir le 27 avril 2000, soit 5 ans après l’arrestation de M. Sari, que le dossier comportant la requête de ce dernier « ne lui a pas été remis par son prédécesseur »…

Aujourd’hui, Mustapha Sari mène le combat par voie judiciaire sur plusieurs fronts et par voie politique (auprès des nouveaux ministres de la Justice) dans le but de faire resurgir le fond de l’affaire. Il a déposé une plainte concernant l’internement psychiatrique par lequel il a été visé par les truands en col blanc dont les écolos concernés, des membres de la police judiciaire et du parquet, des médecins. Celle plainte est reliée directement à son arrestation en juin 95 et à la requête qui y est associée pour faire éclater la vérité sur les pratiques mafieuses au sein des institutions liégeoises notamment.

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