Réponse publique à Monsieur Anass Tigra, imam de la mosquée de Louvain-La-Neuve

Concerne : Ma lettre ouverte du 12 août et votre message du 14 août courant

Le 14 août 2019, je vous ai transmis la copie d’une lettre – concernant l’histoire belge de l’« islam-instrument » – que j’avais adressée le 12 août à Monsieur Charles Michel, Premier Ministre. Et le même jour, vous m’avez envoyé trois messages : le premier est « blablabla » ; le deuxième « si vous envoyez une lettre à l’ONU, ne me prévenez pas. J’en ai absolument que faire. Merci » ; le troisième  « Juste pour vous donner des idées ! N’oubliez pas d’envoyer une tartine à lire à la commission européenne, au conseil de l’union européenne, au parlement européen, à la banque centrale européenne, au FMI, au Juncker (sic), à Sarkozy, à Lepen (sic). » 

Je ne vous ai pas répondu tout de suite parce que j’ai estimé que votre troisième message méritait une suite bien réfléchie. In fine, j’ai trouvé votre idée géniale ; elle m’a permis – dans « la tartine » imaginaire que j’ai envoyée à Madame Le Pen ce 16 août – de soulever le danger potentiel que vous représentez à bien des égards, et ce au-delà de la révision de l’histoire belge de l’« islam-instrument ». J’ai soulevé ledit danger dans la « tartine » par une question que j’ai posée à Madame Le Pen. 

Vous êtes une femme politique bien placée, lui ai-je dit, pour savoir que tout État fasciste est autoritaire, policier et arbitraire ; celles et ceux qui y détiennent le pouvoir croient être investis d’une mission d’inspiration quasi divine. Alors, pourrait-il, selon vous, être un fidèle et loyal serviteur de cet Etat un homme comme Cheik Anass Tigra, Imam de la mosquée de Louvain-La-Neuve : il croit que non seulement son Autorité  scientifique (religieuse) s’inspirerait d’une source quasi divine mais aussi que ses aptitudes « théologiques » auraient été évaluées non pas par « une formation universitaire négligente pour l’accompagnage ou le stage », mais par « un système islamique de certification s’inspirant directement de la révélation »? (Voir votre livre, « A la recherche de l’islam perdu », pages 92-94.)

Si Madame Le Pen me répond, je ne manquerai pas de vous prévenir. Mais d’ores et déjà, je suis persuadé qu’elle voudrait vous recruter comme conseiller religieux pour combattre le « radicalisme » en France. Quant à moi, je continue de prier à chaque lever du soleil : Mon Dieu protégez-nous de ceux qui nous veulent du Bien et souvenez-vous du Bien que les bien-pensants ont voulu pour nous tout au long de l’Histoire.  

Espérant être compris, je reste à votre entière disposition pour répondre non pas à vos commentaires divertissants mais à vos questions légitimes quant au fond du sujet.

Mustafa Uner Sari

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Lettre ouverte à Monsieur Charles Michel, Premier Ministre à propos de l’histoire belge de « L’ISLAM-INSTRUMENT »

MuratSayin

 

Cette lettre est l’expression sincère d’une révolte profonde et d’une indignation insondable dont les racines remontent loin dans le passé. Je me permets de vous la confier, Monsieur le Premier Ministre, en vous priant humblement de la transmette à votre successeur pour qu’elle-il sache que dès sa prise de fonction, j’engagerai l’ultime résistance et la conduirai jusqu’à ce que des questions importantes en lien direct avec ce que j’appelle l’« l’islam-instrument » trouvent enfin leurs réponses dans notre pays.

La suite en pdf ici:

Lettre ouverte Charles Michel

Hamid Benichou, « le premier agent de quartier d’origine immigrée »

« Juste une mise au point » concernant l’imposture racontée par « le premier agent de quartier d’origine immigrée », Monsieur Hamid Benichou.
Monsieur Benichou,

Présentation

« Hamid Benichou – c’est le nom de ce « Mensch », mot qui désigne, en yiddish, « un type bien, une personne fiable, qui sait assumer ses responsabilités, sur qui on peut compter ».

By liguedefensejuive | 28 mars 2016 »

Si je vous adresse cette mise au point, c’est parce que je souhaite y mettre en exergue le but poursuivi par vos discours concernant ce que vous appelez « la présence de l’islam » en Belgique, alors que la seule présence que nous y avons connue, et combattue, est celle de l’« islam-instrument ». But que rien n’a pu soustraire aux regards, ni les tromperies et les mensonges soigneusement agencé, dont vous faite montre, ni votre volonté manifeste d’écarter, lors de l’élaboration pernicieuse de vos discours, certains faits historiques qui n’encadrent pas vos inspirations. Et ce, malgré plusieurs témoignages « crédibles » portés en votre faveur par des personnalités haut en couleur, par certains médias et organisations, comme, par exemple, ce témoignage publié le 28 mars 2016 par « la Ligue Défense Juive » :

« Un vent favorable a déposé sur notre bureau », disait Yéh’ezkel Ben Avraham, « un mail envoyé ce 24 mars 2016 à de nombreuses personnalités belges et européennes, en ce compris des journalistes et Jonathan De Lathouwer, vice-président du CCOJB (Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique). Cet écrit (voir copie en fin d’article) nous vient du cœur d’un musulman sincère qui, depuis de nombreuses années (nous pouvons en témoigner), tente de lutter contre la radicalisation de l’islam en Belgique et voudrait garder cette religion dans les limites qu’elle n’aurait jamais dû quitter : une croyance personnelle – se pliant à la Loi locale – et ne pouvant s’imposer au détriment des autres philosophies. 

Le même vent favorable, et mystérieux, avait déposé le même mail sur le bureaux d’un journaliste nommé  « contribution externe », qui non seulement avait entendu le même « cri du cœur » mais aussi l’avait laissé s’exprimer dans un article intitulé : « Hamid Benichou : « Nos responsables politiques, avertis par mes cris et mes colères, n’ont pas réagi » Un cri du cœur de Hamid Benichou, premier agent de quartier bruxellois d’origine immigrée. » Sans aucune vérification quant à la véracité de vos propos puisque que vous êtes, le vent favorable l’avait déjà dit, « un type bien, une personne fiable, qui sait assumer ses responsabilités, sur qui on peut compter. »

Le Roi est nu !

Sous les dehors d’un musulman sincère menant un combat contre ceux qui « travestissent l’islam en religion de haine », ne menez-vous pas, en fait, Monsieur Benichou, « une lutte contre la radicalisation de l’islam », comme le disait votre souteneur Yéh’ezkel Ben Avraham cité ci-avant ? Sinon, votre ami vous avait-il mal compris ? Avait-il cru que vous luttiez contre « la radicalisation » de cet individu étrange nommé « islam », alors que, vous, vous disiez combattre les individus qui « travestissent l’islam en religion de haine » ? En son temps, n’aviez-vous pas lui posé la question ? Je crois que vous ne l’avez pas fait parce que vous savez que la lutte contre ceux « travestissent l’islam » n’est pas la leur, bien au contraire. Seriez-vous étonné si vos amis vous demandent un jour de parler du « terrorisme de l’islam » ?

Quant aux vos dénonciations qui n’auraient pu faire réagir ceux que vous appelez « nos responsables politiques » sans jamais faire des distinctions ni citer des noms, ainsi que vos cris et colère qui n’auraient pas été entendus par ces dernières, sont-ils des mythes ou des faits ? La présente que vous avez en main, a pour ambition ou pour objet de répondre à tant bien que mal à ces questions espérant éclairer entièrement le champs en 2018 pour pouvoir enfin semer les grains pour qu’ils puissent percer la terre, en 2019, au printemps prochain.

Le premier appel

Le 24 mai 2014, quatre personnes étaient froidement assassinées au Musée Juif de Bruxelles par Mehdi Nemmouche, un néo-fasciste dit « islamiste ». A cette occasion, vous avez publié un appel aux « citoyens belges musulmans » : « J’ai honte : ma religion est-elle tombée si bas pour qu’elle soit prise en main et gérée par des voyous autoproclamés imams en prison, de mèche avec des prédicateurs sans scrupules, des associations caritatives douteuses, et autres confréries toxiques. » Et ce avant d’inviter, en bon père de famille indigné, « les musulmans d’Europe à monter dans le train qui mène à ces valeurs d’humanité et de progrès social, plutôt que de demeurer bêtement dans la gare à regarder le quai. Nous, musulmans d’Europe, devons combattre ces agents du diable qui travestissent l’islam en religion de haine, qui prônent le retour du califat et des guerres de religion. Nous devons prendre des décisions fermes contre ces dérives sectaires . Je le dis avec force : pas de liberté pour ces ennemis de la liberté qui veulent nous imposer une lecture fondamentaliste et conflictuelle de l’islam. »

Vous n’étiez pas seul sur ce terrain non plus : dans son chronique intitulé « Merci Hamid » et publié sur son site le 4 juin 2014, Madame Nadia Geerts très touchée par votre honte pathétique, disait : « Non, chers musulmans de Belgique, vous n’êtes pas responsables de Nemmouche, ni de Merah, ni de Ben Laden et de ses sbires. Evidemment non. Mais oui, je pense que nous avons besoin, nous, non-musulmans, de vous entendre dire « NON » à ces meurtriers, de vous entendre leur dire que votre islam n’est pas celui-là. Nous en avons besoin parce que les formules incantatoires, les exhortations à la tolérance, à l’amour de la diversité et au vivre-ensemble ne suffisent plus. »

Puis, Monsieur Pascal Vrebos, journaliste « M Belgique », beau parleur affable, lança à son tour un appel pour encourager « l’organisation d’une séance d’indignation collective » : « Musulmans, indignez-vous. Il faut que l’on vous entende vous indigner que des imposteurs, avec lesquels vous n’avez rien avoir, se soient emparés d’une interprétation de l’islam qui n’est pas et ne sera jamais la vôtre. Comme l’écrivait Euripide, en d’autres temps, « le silence est un aveu ». Reste à savoir de quoi.

Et c’est vrai, le silence fut un aveu !

A lire et à écouter ces « conseils », ce n’est pas parce que nous vivons à la même époque que nous sommes nécessairement des contemporains, me disais-je ; durant quarante ans, nous, les musulmans, n’avons cessé de manifester notre désespoir dans les coins de rues et sur les places publiques tant en Belgique qu’en Turquie pour dire « NON ».

« NON », chers amis, chers non musulmans et musulmans, l’islam que l’Etat belge et ses alliés musulmans turc, saoudien et marocain nous imposent – et que nous combattons – ne peut pas être le nôtre. Nous avons besoin, nous musulmans, de vous entendre dire « NON », l’islam de la Belgique n’est pas celui-là. « OUI » nous sommes étouffés et il faut que l’on vous entende – les non musulmans – vous indigner que vous n’avez rien avoir avec des imposteurs qui se sont emparés, avec la complicité plus qu’intéressée de l’Etat belge et ses alliés, d’une interprétation de l’islam qui n’est pas et qui ne sera jamais celui de la Belgique. Nous en avons besoin parce que les formules incantatoires, les exhortations à la tolérance, à l’amour de la diversité et au vivre-ensemble ne suffisent plus.

Comme l’écrivait Euripide, en d’autres temps, le silence qui régna en maître fut un aveu, et nous savions, nous les musulmans, c’était le silence de quoi : ce silence-là était l’aveu de ne pas vouloir, ou de ne pas pouvoir, mettre un terme à la collaboration de l’Etat belge avec les oppresseurs des citoyens de confession musulmane dans notre pays. Le danger était là. Tout le monde le savait. Tout le monde était au courant. Mais personne n’avait apparemment intérêt à réagir ni à agir. Il est vrai qu’à cette époque, comme aujourd’hui, il était impossible de faire le tri entre l’essentiel et l’accessoire en politique. La crise économique liée aux chocs pétroliers et la révolution iranienne avaient contribué à rendre notamment la théocratie saoudienne plus « modérée » eu égard au charme irrésistible des pétrodollars de la terreur et à l’urgence de la signature des contrats d’import-export.

Le 22 mars 2016, notamment, j’avais envie de sortir dans la rue et hurler pour que nous organisions une marche blanche, comme celle du mois d’octobre 1996, pour interpeller nos gouvernants – dont on fera jamais le procès – pour qu’ils nous expliquent comment et pourquoi nous en étions arrivés là. Puis, je m’en suis abstenu par crainte d’être seul dans la rue comme par le passé et d’être à nouveau séquestré dans un hôpital psychiatrique ou dans une maison d’arrêt. Mais, j’ai eu honte de ma lâcheté en pensant à Socrate qui, selon Cicéron, a fait descendre la philosophie du ciel sur terre : « Il vaut mieux, pour moi, disait-il, être en désaccord avec tout le monde que l’être avec moi-même tout seul. » 

Le deuxième appel

Le 24 mars 2016, vous avez récidivé, Monsieur Benichou : le surlendemain des attentats commis le 22 mars à l’Aéroport Bruxelles National et dans le métro de Maelbeek à Bruxelles par trois autres néo-fascistes dits également « islamistes », vous avez publié un autre appel dans lequel vous disiez en posant en héros national : « Je dénonce depuis des années, la présence de l’islam radical dans certaines communes belges et plus particulièrement bruxelloises Nos responsables politiques, avertis par mes cris et mes colères, n’ont pas réagi. Parce que c’était « tendance ». »

Par ce deuxième appel, vous avez enfin levé la couverture sur vos ambitions et mis en exergue votre volonté de réécrire votre propre histoire – une imposture – en poussant dans l’ombre tout ce qui vous empêche d’adapter la réalité à vos désirs et aux désirs de vos souteneurs ô combien intéressés. Pour ce faire, vous avez délibérément confondu votre mission secrète au service du vieux régime algérien, votre travail policier de récolte de renseignement dans les ghettos peuplés notamment par les immigrés turcs et marocains et le développement, depuis 1974, du fondamentalisme islamique dans ces mêmes ghettos.  

Attention aux agissements des jaloux

Un article de propagande très élogieux à votre égard fut publié le 1er juillet 2014 sur le site du CCLJ (Centre Communautaire Laïc Juif ). Le 27 juillet 2014 nous lisions en dessous de cet article un commentaire (témoignage) de Monsieur Pierre-Yves Lambert autoproclamé « chercheur indépendant ». Il disait : « Il est navrant de constater que cet article relève de l’hagiographie sans aucune vérification quant à la véracité des propos de Benichou.

Extrait de l’article « Après quelques formations, il rejoint une asbl communautaire algérienne, où déjà il s’oppose à la mainmise du FLN. « Applaudir et lever la main quand il faut, ça n’a jamais été mon truc », confie-t-il en toute simplicité. En travaillant au Consulat d’Algérie ensuite, » Moi je me souviens, en 1987, de réunions au MRAX avec Mme Jospa au sujet du droit de vote des étrangers (le groupe « Droits politiques pour tous »). Benichou y représentait les Amicales des Algériens, la branche extérieure du parti unique FLN. Et dès qu’il a entendu que l’organisation dont j’étais membre (le Partito radicale) était en contact avec des organisations d’opposants à la dictature algérienne, il m’avait invité à rencontrer un « étudiant de l’Université de Liège » au café « Le Gendarme », situé près de City 2.

J’ai accepté par curiosité, tout en me doutant de ce qui allait suivre, sachant très bien ce qu’étaient les « Amicales ». En fait d' »étudiant », je me suis retrouvé face à une caricature d’agent des services de renseignements algériens, avec moustache et pardessus beige, qui entreprit une sorte d’interrogatoire pour savoir avec qui le PR était en contact, « des trotskystes ? des islamistes ? ». L' »entretien » n’a pas duré longtemps, et je n’ai plus revu Benichou pendant 5 ans. En 1993, j’ai été fort surpris de constater qu’il était devenu agent de quartier à Saint-Josse. Entretemps, il y avait eu une dissolution des Amicales suite à la fin du régime de parti unique en Algérie, il avait donc perdu son boulot d’indicateur du régime FLN et il s’est donc tout naturellement tourné vers une carrière dans la police belge. »

Votre réponse du 29 juillet 2014 était limpide : « Bonjour, disiez-vous, je suis convaincu que mon collègue Pierre -Yves Lambert « pseudo spécialiste de l’immigration Maghrébine » a d’énormes difficultés à accepter que des personnes issus de ce groupe aient une visibilité. » Le témoignage du  » pseudo spécialiste de l’immigration Maghrébine » devenu « votre collègue » était-il un faux ? Cela vous importait peu. Ce qui vous importait était de laisser croire que vous étiez Victime des agissements d’un grand belge blanc jaloux ayant d’énormes difficultés à accepter que vous, le petit basané « issu du groupe de l’immigration Maghrébine », ayez une visibilité auquel vous êtes très attaché.   

A qui profite le crime

Vous êtes, Monsieur Benichou, le seul agent du quartier qui a osé faire, avec l’aide de vos souteneurs compétents, ce que personne n’a osé faire dans l’histoire de la Belgique : Vous avez osé nous présenter un combat contre le « radicalisme de l’islam en Belgique » que vous auriez mené depuis de longues années, alors qu’il s’agit là de votre  boulot de dénoncer auprès de qui de droit les agissements que vous auriez observés dans les ghettos ; c’est un travail, et non un combat, pour lequel, si je ne me trompe pas, vous avez été payé. Personnellement, je n’ai pas entendu vos cris ni votre colère avant 2014. Par contre, j’ai vu en 1988 le bourgmestre de Saint-Gilles, Monsieur Charles Picqué, exprimer sa colère face à l’intolérable. Au mois de mars de cette même année, lui aussi était seul à s’opposer notamment au tenu du 5ème congrès à Bruxelles de la tendance Fiqh Malékite d’Abu Dhabi, dont se réclame entre autres la religion officielle du Maroc.

Dans un propagande concernant  ce congrès, nous lisions : « Lors du 4ème congrès de Fiqh Malékite, qui s’est tenu à Abu Dhabi, s’est réuni l’élite des théologiens qui ont vraiment vécu l’Islam et ses principes pendant toute la durée des travaux du Congrès et se sont rendu compte des dangers qui menacent l’Islam et la civilisation islamique et le complot qu’essaie de fomenter l’Occident et le Sionisme contre la Communauté musulmane en essayant de les trainer vers des voies idéologiques communistes ou des sectes telles Bahai’s et les témoins de Jéhovah, etc. »  

L’organisateur du congrès, Muhammed Benyaich expliquait dans un entretien qu’« en vertu de la loi belge, l’Islam est la troisième religion en Belgique et cela est un l’honneur que les autorités belges et le Roi Baudouin 1er, nous font. ». Et il préconisait des « tribunaux de réconciliation établis sur le modèle islamique et, prévient aussi que Bruxelles va devenir l’école islamique, l’institut et l’université de toute la communauté de Saint-Coran. » Après avoir lu cet entretien et les document effroyables – je les ai encore sous les yeux – que Monsieur Picqué m’avait transmis après notre rencontre dans son cabinet., j’ai été révolté en me demandant ce que les autorités belges comptaient faire dans le futur proche avec cette troisième génération maghrébine qui fut sauvée grâce aux « autorités belges et le Roi Baudouin 1er. » Et un jour, ces mêmes autorités se demandaient pourquoi les terroristes à Paris et à Bruxelles étaient des enfants de la 3ème génération.

Servir ou se servir

Comme tant d’autres l’ont fait dans le passé et tant d’autres le font encore aujourd’hui dans les ghettos d’immigrés opaques et impénétrables malgré les apparences, vous ne servez pas la cause que vous prétendez défendre, vous vous en servez pour la meilleure satisfaction de vos ambitions personnelles et des intérêts de vos souteneurs. Contrairement à ce que voulez faire croire, vous n’auriez pas été dans le passé, et vous n’êtes pas à présent, un homme qui s’engage. Dans le passé, vous auriez été, et à présent, vous êtes un homme qui est engagé afin de brouiller les pistes pour que le vrai et le faux soient indiscernables, et que la recherche de la vérité soit transformée en problèmes de pouvoir et de rapport de force.

Dans votre appel du 24 mars 2016 diffusé par certains journaux et organisation, vous proposiez de « faire une cartographie de tout ce qui est lié à l’islam, en passant au peigne fin les mosquées, les écoles coraniques, les associations cultuelles, culturelles ou caritatives afin de savoir qui est qui et qui fait quoi, quel sont leurs sources de financement, quelle est leur idéologie » Ainsi, vous apportiez vous-même la preuve que vous prêchez dans l’ignorance de ce qui fut fait dans ce bas monde entre 1968 et 1990. Ici, nous sommes en Belgique et non, par exemple, en République de Recep Tayyip Erdogan. Ici, « on ne passe pas » – pas encore – au peigne fin », et arbitrairement, « les lieux de cultes, les associations cultuelles, culturelles ou caritatives. » Pour le savoir, il fallait que vous transmettiez votre proposition sensationnaliste lancée en l’aire aux autorités belges compétentes, comme, par exemple, le ministre de la Justice qui a dans ses compétences le financement des mosquées reconnues ou les ministres régionaux des Pouvoirs Locaux qui ont dans leurs compétences la reconnaissance des mosquées dans leur région respective. L’avez-vous fait ? Si non, pourquoi ? Si oui, aviez-vous eu une réponse et laquelle ?

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi »

« Oui Chef oui, oui Chef, oui Chef, Chef ! »

ici, il me parait important de souligner ceci : le 24 décembre 2018 à 21 heures 13, j’ai lu la remarque suivante sur votre page Facebook : « J’ai dû bloquer, disiez-vous, le monsieur qui a traité mes concitoyens d’infidèle sur mon mur. » Si moi j’étais à votre place, j’aurais dit : j’ai dû bloquer le monsieur qui a traité d’infidèle les citoyens, les amis ou les personnes qui dialoguent sur mon mur. Quand vous dites systématiquement « mes concitoyens », en vertu de quel statut et à qui parlez-vous ? En vous lisant, j’ai chaque fois l’impression d’entendre, par exemple, le Général Aptal Fattah al-Sissi s’adressant à ses  « chers citoyens ». C’est inquiétant eu égard notamment à ce que Monsieur Mikael Privot, ex-Frère Musulman, écrivait dans sa chronique intitulée « Hamid Benichou, le dernier chien de garde de médias belges en quête de sensationnalisme ? » « Loin de moi, disait-il, l’idée de condamner M. Benichou pour des engagements qu’il aurait pu prendre dans sa jeunesse, car de nombreux témoignages font état du syndrome du parti unique et de sa nature à vouloir tout contrôler, manipuler et diriger, qui est encore vivace dans les mémoires des immigrés à travers la défunte Amicale des Algériens en Europe. »

Ceci étant dit, revenons sur votre proposition ; avant de proposer quoi que ce soit, à qui que ce soit, j’ai interpellé le 25 mai 2018 Madame Valérie De Bue, Ministre Wallonne des Pouvoirs Locaux, en la priant de nous dire le nombre de mosquées turques reconnues en région wallonne (ce que je sais), et quelles sont les organisations turques qui détiennent les titres de propriété de ces mosquées (ce que je sais également). Autrement dit, je souhaitais qu’elle confirme par écrit qu’elle sait que les propriétaires des mosquées turques reconnues en Wallonie, comme ailleurs, sont les deux organisation turques d’extrême droite. Cinq mois plus tard, le 9 novembre, Madame la Ministre m’a enfin donné une réponse et non pas la réponse à la question posée: « Il ne m’appartient pas, me disait-elle, de classifier (les mosquées) sur d’autres bases telles que l’origine des communautés ou le propriétaire du lieu du culteJe ne peux dès lors que vous renvoyer vers l’Exécutif des Musulmans de Belgique. »

En parlant à Madame la Ministre des mosquées turques, j’avais bien indiqué « l’origine de la communauté », et en lui demandant d’identifier les organisation propriétaires de ces mosquées, j’avais bien demandé qui sont « les propriétaires des lieux ». Elle pouvait nous communiquer les identités des propriétaires, sans citer les organisations, puisqu’elle doit les connaitre légalement pour pouvoir reconnaître les mosquée. Mais, comme elle est censée de ne pas savoir en principe ce qu’elle sait en fait – les vraies propriétaires des mosquées devant être couverts par le secret d’Etat le mieux gardé – elle a préféré de me faire passer pour un ignorant qui lui aurait demandé de classifier les mosquées sur des bases illégales. Ce qui était extraordinaire, c’est qu’en me renvoyant vers l’Exécutif des Musulmans de Belgique, elle laissait sous-entendre que ce dernier pouvait faire ce qu’elle ne pouvait pas faire elle-même : classifier les mosquées sur d’autres bases que sur des bases légales.

Prêcher par ignorance

Selon vous, il faut que « les musulmans arrête la victimisation, cesse de pleurer sur leur sort pour aller de l’avant » ; ici aussi, vous apportiez vous-même la preuve que vous ne connaissez absolument rien de ce qui fut fait dans ce bas monde entre 1968 et 1990 : « Le passé est l’avenir d’hier et le présent est le passé de demain. Si le présent éclaire le passé, le passé lui-même éclaire l’avenir», nous a-t-on enseigné, ici, en Belgique. A présent, Monsieur Benichou, le but poursuivi par nos gouvernants est exactement le même que le vôtre : pousser dans l’ombre le passé – dont nous sommes prisonniers – pour en assurer la continuité aussi longtemps que possible, quitte à mettre en danger ce qui reste encore de la cohésion sociale dans notre société. Ce passé est comme le voleur qui ne lâche pas sa victime : papa, crie le gamin sur le toit, j’ai attrapé le voleur. Amène-le ici répond le père. Le fiston répond : il ne vient pas. Et quand le paternel lui demande de le lâcher et descendre seul, il répond : il ne me lâche pas.

La situation moyenâgeuse dans laquelle se trouvaient enfermés les citoyens de confession musulmanes avant les attentats est intacte, pour ne pas dire pire qu’avant. Elle sautera sur notre figure le jour où le terrorisme sera chose passée. Nos gouvernants font, dans les circonstances actuelles, exactement ce qu’ils ont fait durant quarante ans dans le cas du développement de ce que l’on appelle aujourd’hui le « radicalisme islamique ». Et ils savent que le peuple n’est préparé qu’aux vérités simples, et dès que celles-ci deviennent complexes, elles se perdent dans les méandres qui, in fine, ne profitent qu’à Recep Tayyip Erdogan en Turquie, à Victor Orban en Hongrie, à Matteo Salvini en Italie, à Marine Le Pen en France, à Sebastian Kurz en Autriche, à Frank Franz en Allemagne …

Et voilà l’imposture

Vos prétendus « cris et colères » qui n’auraient pas été entendus par « nos responsables politiques » ainsi que le prétendu « combat » que vous auriez mené depuis « de nombreuses années contre la radicalisation de l’islam en Belgique » sont des mythes et non des fait, Monsieur Benichou. Je trouve tout à fait honorable qu’un croyant sincère soit offusqué (ait honte !) de voir sa religion « tombée si bas pour qu’elle soit prise en main et gérée par des voyous autoproclamés imams en prison, de mèche avec des prédicateurs sans scrupules, des associations caritatives douteuses, et autres confréries toxiques. Mais, moi seul, je ne trouve pas les réponse aux questions suivantes : 

Comment se fait-il que, jusqu’au 24 mars 2016, vous n’aviez pas honte et de rien ? Pourtant, il fut un temps où votre religion se traînait sur le sol. Par exemple :

– N’aviez-vous pas honte lorsque vous avez appris, je ne sais en quelle année, que votre religion fut tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée par l’Etat belge en confiant en 1968 les clés du pavillon oriental du Cinquantenaire à Bruxelles à la Ligue Mondiale Islamique saoudienne à des fins que vous ne pouviez certainement pas ignorer  ?

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée par l’Etat belge – et à quelles fins – en confiant en 1974 à cette même Ligue le pouvoir exclusif de la gestion temporelle et de la représentation de l’islam en Belgique ?

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée, dès 1978, notamment par l’Etat turc, plus exactement par la brache militaire turque du Gladio, pour l’édification et la pérennité éternelle de l’empire turc de l’extrême droite notamment en Belgique et dans différents pays européens ?

– N’aviez-vous pas honte lorsque vous avez appris que votre religion fut tombée si bas pour qu’elle soit, depuis 1945, instrumentalisée – comme un vulgaire moyen qui justifie la fin – par l’Occident (USA et Europe Occidentale) et leurs alliés musulmans à des fins politiques, économiques, guerrières, financières, énergétiques et géostratégiques ?

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée par Monsieur feu Ariel Sharon, alors Ministre de la Défense d’Israël, pour favoriser la création du mouvement théocratique (islamiste) Hamas pour affaiblir l’O.L.P. ?

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas lorsque vous avez lu la déclaration du général Segev, gouverneur militaire de Gaza, qui disait : « Nous offrions un peu d’aide financière à certains groupes islamiques. Nous soutenions des mosquées et des écoles dans l’intention de développer une force de réaction contre les forces de gauche qui soutenaient l’O.L.P » ? : une réalité fut confirmée par Charles Enderlin lors d’un entretien télévisé en 2018 en ces termes :

« Lorsqu’il y a eu les grands attentats, Charlie Hebdo et Bataclan, tout à coup le public français se dit « tiens, on nous attaque. Il y a des attentats. Pourquoi ils font ça ? » Alors qu’il n’y avait pas de véritable analyse, pas d’explication profonde sur ce qui se passait. Il a suffi deux grands attentats pour que les français commencent à comprendre les dangers du djihadisme. J’ai régulièrement couvert le développement de l’islam radical notamment à Gaza, qui a été développé et encouragé par les autorités israéliennes, par l’armée israélienne. En 1973, c’est le gouverneur de Gaza qui, avec Cheikh Yassine, a inauguré l’immeuble des Frères musulmans à Gaza approuvé par l’administration militaire. Oui, il y a un problème fondamental pour les européens de comprendre la nature de ce que certains appellent l’intégrisme. »

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas pour qu’elle soit instrumentalisée par le Président des Etats-Unis, Rolande Reagan, qui estimait que ses jihadistes musulmans transnationaux recrutés en Belgique, en Europe et dans la plus part des pays à majorité musulmane étaient « les soldats ou les combattants de la liberté » qui menaient la Guerre Sainte, le Djihad d’Amérique, contre le communisme notamment en Afghanistan.

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas après avoir lu John K. Cooley qui nous racontait cet « anecdote » terrifiant : « En En 1980, il fût décidé que la CIA allait réquisitionner un personnel militaire américain spécialisé, avec le soutien des militaires pakistanais, pour former une armée de musulmans fanatiques. Ils seraient bien payés et se déploieraient avec l’aide des gouvernements musulmans et anticommunistes, comme le Pakistan tout proche et la riche Arabie Saoudite. Presque tous seraient musulmans et croiraient que Dieu leur avait ordonné de combattre ses ennemis : les communistes impies et les envahisseurs russes. Leurs récompenses terrestres seraient la gloire et une paie généreuse. Pour ceux qui mourraient en martyrs, la récompense serait au ciel. »

– N’aviez-vous pas honte lorsque vous avez lu ces mots : « Tu es la fierté de notre famille. J’encourage tous tes frères à faire comme toi. Tue beaucoup d’ennemis (juifs, ndlr) et envole-toi vers le paradis où tu trouveras les 72 vierges qui te sont destinées.. » Ce sont les parole d’une mère palestinienne qui croyait que Dieu avait ordonné à son fils, selon CIA, de combattre ses ennemis en contrepartie de promesse de rejoindre le paradis et les 72 vierges qui lui seraient destinées.

– N’aviez-vous pas honte de voir votre religion tombée si bas lorsque vous avez lu Arundhati Roy qui posa la question « Qui est Oussama Ben Laden ? » avant d’y répondre d’une façon magistrale : « C’est le secret de la famille de l’Amérique. Le double noir de son président. Le jumeau sauvage de ce qui se targue de beauté et de la civilisation. Le rejeton d’un monde ravagé par la politique étrangère de l’Amérique prompt à ne faire qu’une bouché de pays pauvres comme s’il s’agissait d’une nuée de sauterelles. Il faisait partie de djihad en Afghanistan en 1979, lorsque la CIA y a lancé ses opérations. Ben Laden possède le privilège d’avoir été créé par CIA et d’être recherché par le FBI. »

A quoi bon d’allonger la liste si ce n’est pour vous demander si vous n’aviez pas honte de vous-même lorsque vous avez lu (je le suppose) le quatrième rapport intermédiaire sur le volet « Radicalisme » de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 22 mars 2016 à l’Aéroport Bruxelles National et dans le métro de Maelbeek à Bruxelles ? Je ne vous croirai pas si vous me dites que vous ignoriez que cette commission aussi avait besoin de vous pour orienter les regards vers l’arbre (la Grande Mosquée de Bruxelles et les Frères Musulmans) pour mieux cacher la forêt afin d’éviter les questions qui fâchent et de protéger les siens en se défaussant sur autrui de ses propres errements. C’est la faute de l’autre.

Je ne vous croirai pas non plus si vous me dites que vous ignorez pourquoi, à la demande de qui, pour quels services rendus et à qui, Monsieur Didier Reynders, Ministre des Affaires étrangères, vous a livré les « Palmes de l’Ordre de la Couronne ». Est-ce parce que vous auriez « dénoncé, depuis des années, la présence de l’islam radical dans certaines communes belges et plus particulièrement bruxelloises. » J’en doute, Monsieur Benichou, car si je faisais la liste des gendarmes et des agents de police qui ont dénoncé, à partir de 1989, la présence et le développement du fondamentalisme islamique dans tous les ghettos en Belgique, je suis persuadé que Monsieur le Ministre n’aura pas assez de Palmes à distribuer.   

Qu‘en déplaise à vous et à vos ami

Je ne suis ni théologien ni savant ni historien des religions. J’ai été élevé dans la culture musulmane ouverte au monde et aux autres religions du Livre, le christianisme et le judaïsme Très jeune, j’ai entendu mon Grand-Père nous citer ces propos d’un Soufi : « Ô mon Dieu ! Ne crois pas à la sincérité de tes partisans, ils ne s’abaissent que pour leurs intérêts. Si tu ne leur avais pas promis le paradis, ils ne se prosterneraient pas, non plus, devant toi. Ô mon Dieu ! Quels que soient les bienfaits que tu me réserves dans ce monde, accorde-les à tes ennemis. » Quels que soient les bienfaits que tu me réserves dans l’autre monde, accordes-les à tes amis. Moi, ton Nom et ton silence suffisent à me combler ». Puis, quand j’ai entendu parler de l’islam en Belgique, et notamment des droits des femmes niés et de la violence prêchée dans le Coran, je me demandais vraiment de quoi on parlait. J’avais l’impression que ceux qui en parlaient étaient ceux qui n’avaient pas encore lu la Bible.

Monsieur Benichou, la défense des dogmes de l’islam ou d’une autre religion ni du nationalisme de quelque bord qu’il soit, n’est pas ma thèse de thé. Je crois cependant que le christianisme est une religion de paix, de concorde et de solidarité si, par exemple, vous faites abstraction des crimes commises dans le passé lointaine par des djihadistes, soldats du dieu « christianiste ». L’islam est une religion de paix, de concorde et de solidarité si, par exemple, vous faites abstraction ne fut-ce que des crimes commise dans le passé très proche par des ‘néo-fascistes mercenaire’, soldats du dieu» « islamiste » . Il en va de même pour le judaïsme si, par exemple, vous faites abstraction de la croisade menée par des djihadistes, soldats du dieu « judaïste », en « terre promise au peuple élu » par un dieu sélectif. In fine, ne s’agit-il pas là de l’histoire de ce que l’homme a fait à l’homme au nom de Dieu unique ?  

Hier, on ne pouvait, aujourd’hui, on peut faire appel à personne

En guise de conclusion, je me permets, une fois encore, de faire miens ici ces propos de Hannah Arendt qui rend, elle aussi, un vibrant hommage au silence assourdissant de Dieu devant l’horreur du nazisme : « Je suis absolument sûre, écrivait-elle, que toute la catastrophe totalitaire ne serait pas arrivée si les gens avaient encore cru en Dieu ou plutôt en l’enfer, c’est-à-dire s’il y avait encore eu des référents ultimes, il n’y en avait pas. Si notre avenir devait reposer sur ce que vous dites maintenant, à savoir que nous disposerons d’un référent qui d’en haut décidera pour nous, je serais tout à fait pessimiste. Si tel est le cas, alors nous sommes perdus. Parce que cela requiert bel et bien l’apparition d’un nouveau dieu. Et vous savez aussi bien que moi qu’il n’y avait pas de normes ultimes à la validité desquelles on pouvait faire appel. On ne pouvait faire appel à personne

Cordialement et mes meilleurs vœux.

Mustafa Uner Sari.

Genval, le 25 décembre 2018.

 

Invitation à un débat démocratique

Plaidoyer pour la protection et la promotion de la Presse libre, indépendante et objective

Chers citoyens,

Chers amis,

Le 25 novembre dernier, j’ai publié (https://wordpress.com/post/mustafasari969507202.wordpress.com/264) un message adressé aux journalistes de la presse quotidienne à propos d’une publicité : « Une fake news peut vous exploser à la figure. La presse quotidienne – l’info d’origine contrôlée – est la solution». Par des réactions enrichissantes que j’ai reçues, j’ai été encouragé à ouvrir le débat à la participation du plus grand nombre de citoyens étant donné que l’indépendance, la liberté et l’objectivité de la presse dans une démocratie vivante ne peut nous laisser indifférent. Personnellement, j’ai réagi, qui ne dit mot consent, lorsque j’ai pris connaissance de cette publicité parce que la solution catégorique, sans nuance, qu’elle propose répudie tout changement pourtant tant désiré par ce qui reste des lecteurs ; elle prend son désir, qui est aussi le nôtre, pour la réalité. Sinon, il faudrait qu’un journaliste nous explique comment se fait-il que, durant des années, tant de conneries – des fake news – ont explosé sur nos figures.

 

Ceci étant, je souhaiterais soulever ici le constat suivant, fruit de mon expérience : il ne faut jamais oublier qu’il vaut mieux parfois ne pas croire à ce que disent ceux qui estiment savoir de quoi ils parlent : dans un article publié dans ‘le Soir’ du 18 octobre 1994, Monsieur Eric Renette, journaliste, remarquait que j’avais « pris pour preuve (légère!) un article de presse » en citant devant la justice le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme dans le cadre de l’institution du énième Exécutif des musulmans de Belgique. Ce journaliste avait-il raison parce qu’il était bien placé pour savoir qu’une information publiée dans la presse ne serait pas « une info d’origine contrôlée », autrement dit, elle ne serait pas, dans les faits, une preuve de la véracité de cette même information ? Dans ce cas, le journaliste n’avait raison : comme je croyais et comme je crois encore, certains journaux publient des « informations d’origine bien contrôlée » : et l’information que j’avais « prise pour preuve » était bien une preuve précieuse qui fut publiée le siècle dernier dans le journal néerlandophone ‘De Morgen’.    

Tromperies, mensonge, manipulation où information ?

Dans le combat, il y a des jours vraiment pénibles où des informations « d’origine contrôlée » vous interpellent avec une violence morale inouïe. Je voudrais prendre ici deux exemples différents de ceux qui étaient déjà cités dans le message évoqué plus haut afin d’aller au-delà de mon expérience personnelle afin de saisir l’enjeu concernant notre société entière

Un exemple concernant l’Etat turc

Le 27 janvier 2015, a été publié dans ‘la Libre Belgique’ un entretien de deux pages réalisé par Monsieur Jean-Bosco d’Otreppe, journaliste. J’ai été littéralement révolté lorsque j’ai vu en plein milieu de la première page – et bien mise en évidence avec des lettres grasses – une déclaration d’un imam, Frère de Verviers, Monsieur Noureddine Smaili, alors président du très officiel « Exécutif des musulmans de Belgique » : « C’est la première fois, disait-il, dans l’histoire de l’Exécutif qu’il y a une entente totale entre les Turcs et non-Turcs. Je peux vous garantir que la Turquie n’a pas d’influence directe sur les mosquées en Belgique. »

Une déclaration en opposition frontale avec un fait indéniable que le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique ne pouvait pas ne pas connaitre : la fondation religieuse turco-islamique de l’ambassade de Turquie à Bruxelles – le nid des organisations turques d’extrême droite appelé aussi « Diyanet de Belgique » – est propriétaires de 72 mosquées en Belgique. Mais, selon l’imam qui disait ce que « les Turcs » lui avaient demandé de dire, la Turquie n’aurait pas d’influence directe sur les mosquées en Belgique, même pas sur ses propres mosquées. Donc, tout ceux qui dénoncent depuis des décennies l’influence nuisible de la Turquie dans les mosquées en Belgique seraient de vulgaires charlatans, en manque de sensation forte, qui lutteraient contre les moulins à vent. Durant des semaines, j’ai demandé au journaliste concerné que ce vil mensonge volontaire et délibéré soit rectifié dans son journal et à la même page où il était paru. En vain ! J’espère que, à ce sujet, les générations futures ne feront pas des recherches dans les archives de ‘la Libre Belgique’.

Quant au Frère président, il me disait dans son courriel du 22 mars 2015 : « Il y a un accord d’Etat à Etat dans lequel je n’ai pas le droit d’émettre un avis. Je suis chargé de gérer le temporel et rien que le temporel. » ; sous prétexte de représenter les musulmans de Belgique auprès de l’Etat belge, le président avait pour mission de « gérer le temporel et rien que le temporel » dans le respect strict des conditions secrètes de « l’accord de l’Etat à Etat ».

Un exemple concernant l’Etat belge

Un dossier publié dans le Vif/L’Express du 13 décembre 2013 avait pour titre interpellant : « Comment l’Arabie Saoudite a imposé son islam rigoriste à la Belgique ». Deux années plus tard, un autre dossier publié le 6 mars 2015 aussi dans le Vif/L’Express, a eu pour titre encore plus accrocheur : « Comment les Frères musulmans ont pris la Belgique en otage. » En lisant ces titres – indépendamment des contenus appréciables des deux dossiers – je me demandais si Madame Marie-Cécile Royen, ne disait pas aux «infidèles à la Belgique» qu’il fallait cesser de culpabiliser la Victime qui aurait été réduite au silence par l’Arabie Saoudite et prise en otage par les Frères musulmans. Et qu’il suffisait de lire ses dossiers – mais comme les lirait un chien de Pavlov – pour se dire au terme de la lecture : ‘Voilà, j’ai compris comment l’Arabie Saoudite a imposé – sans char ni canon – son islam rigoriste à la Belgique, et comment les Frères musulmans ont pris la Belgique en otage sans fusil ni char ni canon’.

Alors qu’il n’en était rien dans la réalité. Madame Royen transmettait à ses lecteurs ses opinions présentées sous les dehors des faits indéniables ; L’Arabie Saoudite n’a rien imposé à la Belgique, Les Frères n’ont pas pris la Belgique en otage : la Ligue islamique mondiale saoudienne et les Frères, comme tant d’autres organisations d’inspiration théocratiques, ont fait partout en Belgique – dans des rues, dans des écoles, associations, mosquées, cercles, sur les marchés, lors des conférences – ce qu’ils estimaient devoir faire au vu et au su de tous, et ce avec la complicité des partis politiques belges démocratiques de toutes tendances, et surtout avec la bénédiction bienveillante des Etats notamment belge, turc et marocain.

Eu égard à cette réalité dont nous étions des témoins vivants sur le terrain, Nous aurions mieux compris si Madame Royen nous avait dit ceci : pendant que l’Arabie Saoudite imposait son islam rigoriste non pas à la Belgique mais aux musulmans de Belgique pris en otage par les Frères musulmans transnationaux dans les ghettos soigneusement encadrés, les autorités belges étaient devenues sourdes et aveugles ; elles étaient trop occupées par la signature des contrats pétroliers et commerciaux, et par leur souci du bon déroulement du versement à qui de droit des pots de vin colossaux, comme ce fut le cas, par exemple, du contrat d’Eurosystème Hospitalier pour compte de la Garde National saoudienne.

A ce propos aussi, je crois que la vérité historique était bien gardée par Madame Fortunato Habib Israël, alias Madame Tuna, qui avait dirigé à l’époque, depuis le Bulding Brusilia sis avenue Louis Bertrand à Schaarbeek, un réseau de prostitution de Luxe, des call-girls choisies en fonction des goûts royaux et princiers cosmopolites (voir Georges Timmermans, ‘Main Basse sur Bruxelles’ ; Argent, pouvoir et Béton, Edition EPO, 1991, pp. 122-123 et Paul Belien, ‘Riyadh to Brussels: A Tale of Two Womanising Kings’, The Brussels Journal, le 01.08. 2005).

Conclusion

Compte tenu des exemples, parmi tant d’autres, cités ici et dans ledit message, que pensez-vous, chers citoyens, chers amis, de cette publicité sans nuance : « Une fake news peut vous exploser à la figure. La presse quotidienne – l’info d’origine contrôlée – est la solution » ?

Dans notre pays, que pourrait-on faire, selon vous, pour la protection et la promotion de la presse libre, indépendante et objective mue autant que possible par la recherche – et ce n’est pas chose facile à notre époque – de la vérité et de l’information authentique ?  

Merci d’avance pour votre avis et pour votre vigilance citoyenne, sans faire appel, S.V.P, à des considérations sensationnalistes et démagogiques dignes des vrais ennemis de la liberté de la presse et de la liberté d’expression qui nous sont très chers.

Et quoi qu’il arrive, vive la presse libre, indépendant et objective ; le contre-pouvoir par excellence dans une démocratie vivante et joyeuse à toutes les saisons.

Mustafa Uner Sari.

Genval, le 6 décembre 2018.

 

Un message d’origine non-contrôlée adressé aux journalistes de la presse quotidienne

A propos d’une publicité sans nuance

« Une fake news peut vous exploser à la figure »

« La presse quotidienne – l’info d’origine contrôlée – est la solution »

 

Le message

Mesdames, Messieurs,

« La vérité, fût-elle si douloureuse, ne blesse que pour guérir »

André Gide

Si je me permets de vous adresser ce message, c’est parce que j’ai été violemment interpellé par la publicité selon laquelle « les fake news peuvent exploser sur votre figure » et « la presse quotidienne – l’info d’origine contrôlée – est la solution. ». La raison de cette interpellation est simple : les fake news en série explosées méchamment et périodiquement sur ma figure étaient exclusivement « des infos d’origine contrôlées » – et fort bien contrôlées. Elles étaient diffusées notamment en Turquie et en Belgique par des journaux de « la presse quotidienne » qui fut, dans ce cas précis, le problème et non la solution. J’en voudrais pour preuves les trois exemples que j’évoquerai ci-après : je les ai choisis parmi d’autres qui sont non seulement plus complexes pour exposer ici en quelques mots, mais aussi bien plus graves quant à leurs conséquences ayant profondément marqué et blessé mon existence, et à vie.

A titre de citoyen ordinaire incapable, malgré tout et ne fut-ce qu’un matin, de ne pas aller chercher sa drogue quotidienne à la librairie, je tiens à préciser que je sais que je marche ici sur une bande glissante et dangereuse où celles et ceux qui osent critiquer les agissements nauséabonds des mercenaires – les membres les plus corrompus et plus pourris de votre profession – risquent d’être proclamés en chœur ennemis des journalistes et de la liberté de la Presse ; ennemis inscrits en bonne place dans le catalogue des fascistes, complotistes, conspirationnistes ou populistes répertoriés par les démocrates prétendument éclairés.

Les exemples que je citerai – il est vrai, mesquins et risible, mais dont l’importance fut directement proportionnelle aux circonstances du moment – ont pour mérite, d’une part, de laisser entrevoir les intérêts privés que vos collègues en question souhaitaient défendre en voulant discréditer et disqualifier tout ce qui gêne et dérange les autorités politique et judiciaires concernées, et de tout opposition à celles-ci. De nous montrer, d’autre part, que dans la presse quotidienne aussi – sous tous les cieux et dans tous les régimes – il y a des journalistes dangereux, subjectifs, idéologique et de partie prise. Ceux-là mêmes qui défendent, comme le remarque la journaliste française Aude Lancelin, une ligne qui est le « BIEN », et qui attaquent tout ce qui n’est pas cette ligne et le transforme en « MAL ».

Selon moi, ces mêmes exemples constituent aussi une source de réflexion concernant la recherche de la réponse à la question que l’Histoire se pose sans cesse depuis l’origine des temps : comment se fait-il que les régimes déments aient pu toujours compter sur des industriels, des académiciens, des philosophes, des magistrats, des policiers, des généraux, des journalistes, des mandataires politiques, des médecins, des académiciens, bref des serviteurs volontaires assez opportunistes et suffisamment amoraux pour accepter n’importe quel sale boulot pour tarir leur soif de conquête d’une petite parcelle de pouvoir.

Quant à la conception d’information de ces prétendus journalistes, je crois que nous pouvons la résumer honnêtement, sincèrement et sans causer une quelconque préjudice à leur égard, avec ces mots Michel Schneider « Moi, la vérité, je mens ; il n’est pas plus habile mensonge que de masquer la vérité en lui donnant l’éclairage qui la rend trompeuse ».

Premier exemple

Le 2 avril 1986, j’ai organisé une conférence de presse à Istanbul pour dénoncer le développement inquiétant dans la communauté turque en Belgique et dans différents pays européennes de ce que l’on appelait à l’époque « l’intégrisme musulman », et cela depuis 1978 en général et depuis le coup d’Etat sanglant du 11 septembre 1980 en particulier. La situation dans les communautés turques en Europe était en fait le prolongement d’une politique d’Etat plus globale visant à réislamiser la société turque à l’intérieure et à reprendre en main le contrôle des immigrés à l’extérieure par l’instrumentalisation de la religion et du nationalisme. La mise en œuvre de l’opération était confiée à la branche militaire turque de Gladio (Réseaux Stay Behind) par le putschiste général Kenan Evren devenu président de la République en 1982. C’est dans ces années-là que l’avenir de la Turquie était façonné en profondeur pour en arriver trente années plus tard à la situation actuelle, en l’an 2018.  

Au terme de la conférence, les journalistes unanimes trouvaient courageux de ma part de venir en Turquie sous une chape de plomb pour dénoncer les agissements que je venais d’exposer, mais qu’ils ne pouvaient, quant à eux, rien écrire sur le sujet dans leurs journaux respectifs. Puis, sur l’insistance angoissante d’un journaliste du quotidien ‘Hürriyet’, qui avait opéré dans la salle de conférence la présence de trois officiers de la police politique, j’ai quitté Istanbul dans l’heure suivant la conférence. Je suis parti pour Ankara afin d’y rejoindre ma famille. Au douzième jour de ma présence à Ankara, soit le 14 avril 1986, mon frère m’a téléphoné de son bureau pour me dire qu’il y avait un grand article me concernant dans le journal ‘Milliyet’ connu à l’époque comme étant un quotidien de centre-gauche.

Il s’agissait en fait d’un long démenti – une sorte de droit de réponse – intitulé « Les autorités à Bruxelles ont démenti les accusations – L’ambassade de Turquie à Bruxelles n’a aucun lien avec l’intégrisme islamique ». L’article fut signé par un étrange journaliste anonyme nommé « BRÜKSEL-ŐZEL » (Bruxelles-spéciale). J’ai voulu savoir comment ce journaliste et les autorités turques à Bruxelles avaient appris tout ce que j’avais dit, point par point, lors de la conférence de presse que j’avais organisée à Istanbul et non pas à Ankara comme ce fut indiqué dans l’article-démenti. Je suis allé le jour même au siège du journal à Ankara pour m’entretenir avec le directeur de la rédaction qui m’a reçu sans opposition.

En présence de sa secrétaire, je lui ai demandé s’il voulait bien me donner une copie de l’article relative à ma conférence, qui aurait dû normalement être publié dans son journal pour qu’il fasse l’objet d’un démenti ou d’un droit de réponse. Après avoir précisé, sans gêne, qu’il croyait que j’étais rentré en Belgique, et que je n’étais plus en Turquie, il m’a répondu qu’il n’y avait pas d’autres articles. Lorsque je lui ai demandé si son journal et ses journalistes étaient des espions des services secrets turcs et des autorités turques à Bruxelles, sa réponse fut le silence. Et quand je lui ai demandé s’il était de coutume en Turquie qu’un journal publie un droit de réponse à un article qu’il n’a pas publié, il m’a répondu : « Ça peut se faire ». Je lui alors demandé s’il voulait bien publier aussi mon droit de réponse si je le lui envoyais, non, m’a-t-il répondu, mais rien ne vous empêche de saisir la justice. La justice ?

Ne pouvant dévier mon regard figé dans ses yeux, il m’a demandé avec une voix hésitante et tremblante pourquoi je le regardais de cette façon. Je lui ai répondu qu’au point où nous en étions les mots n’avaient plus aucun sens. Je n’avais donc plus rien à lui dire. Et puis, après avoir craché de toute ma force sur son journal, je l’ai flanqué sur sa figure en lui disant qu’il n’y avait rien qui pouvait l’empêcher d’appeler la police et de s’adresser à la justice sans tarder. Pendant que sa secrétaire cherchait une serviette, je suis sorti de son bureau et dans le couloir j’ai téléphoné à mon frère pour qu’il vienne me rejoindre là-bas pour aller boire un thé dans un coin tranquille sur les hauteurs d’Ankara. Ce qui fut fait.

Une année plus tard, au mois de mai 1987, le journaliste du quotidien ‘Cumhuriyet’ feu Uğur Mumcu, que j’avais rencontré en 1986, a publié un livre intitulé ‘Rabita’ qui a créé un scandale politique sans précédent en Turquie. Il y dénonçait exactement ce que j’avais dénoncé une année plus tôt lors de la conférence de presse à Istanbul. Il a été assassiné, le 24 janvier 1993, par l’explosion téléguidée de sa voiture devant son domicile à Ankara. J’ai envoyé une lettre au directeur du quotidien ‘Milliyet’ pour savoir si les autorités turques à Bruxelles ne lui avaient pas demandé de démentir les faits dénoncés par son collègue, et cela en lui rappelant ce proverbe : « La bougie du menteur n’éclaire que jusqu’au coucher de soleil. »

Deuxième exemple

Le matin du 30 aout 1999, j’ai découvert dans le journal ‘La Meuse’ un ragot délirant raconté par Madame Véronique Botty, une vile colporteuse injustement déguisée en journaliste : « En outre, écrivait-elle, afin de donner poids et publicité à son action, il entama d’abord une grève de la faim puis décida de s’adresser aux mandataires écolos pour obtenir des réponses à ses questions. Les contacts avec Ecolo se sont rapidement dégradés, Mustafa Sari n’obtenant pas des écologistes les réponses qu’il attendait. Le têtu personnage s’est donc installé dans sa voiture, devant la locale Ecolo à Liège depuis un an, il y reste nuit et jour, 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Il n’a été délogé que l’espace de quelques semaines en juillet 1998 suite à l’intervention des mandataires Ecolo auprès du parquet de Liège qui l’a fait examiner par un médecin et l’a fait interner à l’hôpital psychiatrique de Petit Bourgognes. »

Donc, selon Madame la journaliste, je me serais arrêté un jour, comme un chien perdu sans collier, devant la porte des écolos. Ensuite, j’aurais pris la décision d’entamer une grève de la faim. Puis, je me serais adressé aux écolos pour leur poser des questions au sujet de je ne sais quel différend. N’obtenant pas les réponses, les contacts avec les écolos se seraient dégradés et j’aurais été interné quelques semaines au mois de juillet 1998, et à l’initiative des mandataires écolos, dans l’hôpital psychiatrique de Petit Bourgognes à Liège. Et enfin, bien soigné en quelques semaines, je serais revenu, en bonne santé mentale, pour me réinstaller dans ma voiture, au même endroit, devant la porte de la Régionale liégeoise du parti Ecolo. Et le tout aurait été fait en trois semaines, quelques semaines d’internement inclus, étant donné que j’avais entamé mon action devant la porte des écolos le 9 juillet 1998 à 10 heures. Et les parlementaires fédéraux Ecolo auxquels ma demande était adressée ont été informés, par intermédiaire du député fédéral Ecolo liégeois Thierry Detienne, de l’engagement de la grève de la faim à cette date et heure précises depuis le 5 juin de cette même année .

« Au politiquement correct, dit Carlo Stringer, je propose de substituer ce que je nommerai le mépris civilisé. Un concept que je définirai comme une capacité à s’inscrire en faux contre des credo, des comportements et des valeurs, dès lors qu’ils nous apparaissent irrationnels, immoraux, incohérents ou inhumains » ; pour dénoncer le comportement irrationnel et incohérent de Madame la colporteuse et de son informateur Ecolo, j’ai envoyé le 4 septembre 1999 une lettre à la rédaction du journal en demandant que l’histoire hallucinante racontée dans leur journal soit démentie. Il me semblait alors normal que la rédaction présente ses excuses, rectifie l’erreur, et qu’on en reste là. Le rédacteur en chef adjoint Philippe Miest m’a envoyé le 6 septembre 1999 cette réponse terrifiante :

« Monsieur,

Nous avons pris connaissance de votre courrier du 4 courant, qui a retenu toute notre attention.  

A la relecture de l’article concerné, il n’apparaît nullement que son auteur ait fait preuve « de malveillance, de mauvaise foi, de manque d’éthique professionnelle déconcertante ».

Il a rappelé les faits récents et a posé une question que ne manquent pas de se poser les différents observateurs de votre histoire.  Nous ne pouvons par contre rester indifférents au caractère injurieux des termes que vous employez à l’égard de membres de notre rédaction.  

Ils écornent sérieusement le sentiment de sympathie que d’aucuns pourraient éprouver à votre égard et confortent le malaise ressenti par les autres (…) »

Selon ce grand Monsieur, sa concierge n’aurait fait que de rappeler les faits récents. Et si, moi, je voulais lui plaire, ne pas écorner sa sympathie et ne plus conforter le malaise ressenti par les autres, je ne devais plus contester ces faits incontestables. Pour protéger sa concierge, il confirmait ainsi la règle : quelle que soit l’énormité du mensonge, selon Marie-France Hirigoyen, les pervers s’y accrochent et finissent par croire qu’ils convaincront les autres et obtiendront la résignation de toute opposition. Mais il avait oublié qu’on peut convaincre les autres pour ses propres raisons, mais on ne les persuade que par les leurs.

Vérité ou mensonge, cela importait peu pour lui. Etant volontairement enfermé dans un monde fictif qu’il voulait maintenir à tout prix, ce qui était vrai pour lui, c’était ce qu’il disait dans l’instant. Il faisait dans sa lettre ce que ferait un pervers moral accompli : tenter de m’entrainer sur son terrain et de me faire accepter son discours afin de m’imposer sa vision falsifiée de la réalité ; il était dans une logique tyrannique de l’abus de pouvoir, de position et de rapport de force où le plus fort tente de soumettre l’autre. Mais en vain ….

Troisième exemple

Mr. Eric Renette, lui aussi, journaliste par excellence, avait écrit un article – un pamphlet haineux truffé de mensonges et mensonges par omission – publié dans le journal ‘Le Soir’ le mardi 14 mai 1996 : « Depuis bientôt cinq semaines maintenant, écrivait-il, un homme fait la grève de la faim, dans sa voiture, devant le palais de Justice de Liège. Discrètement. Habitant véritablement sa Mercedes depuis plus de trois semaines. Mustafa Sari entend ainsi clamer son désir … d’être traduit devant la justice ! » Et d’ajouter, en posant en protecteur des pauvres magistrats liégeois concernés : « Enfin, pour ne rien simplifier, il multiplie les lettres dans lesquelles il arrose d’insultes les magistrats qui participent, de près ou de très loin, à son affaire.  Face au gréviste, à l’intérieur du palais de justice, on s’étonne un peu de voir M. Sari s’exciter de la sorte. Son dossier suit son cours. La juge d’instruction qui s’occupe maintenant de l’affaire a d’ailleurs communiqué son dossier au parquet. »

La présentation fut d’une brillance, il est vrai, parfaite, à l’image de la virtuosité technique du maître de cérémonie pavlovien bien conditionné et entrainé au palais de justice avant d’être lâché sur la place publique pour qu’il dise et écrive ce que les magistrats  lui avaient demandé de dire et écrire : voilà un homme, disait-il, pour ne pas dire un tricheur excité, qui glane en face du palais de justice en faisant croire que, depuis cinq semaine, il habite dans sa « Mercedes » jour et nuit et y mène une grève de la faim. Discrètement. De plus, il clame son désir … (pour ne pas dire A-normale) d’être traduit devant la justice. Et comme tout cela ne suffisait pas, il arrose d’insultes, et impunément, les pauvres magistrats impuissants, sans défense ni protection, qui participent, de près ou de très loin, à son affaire.

Pour le dire avec les mots du merveilleux « Dictateur » Charlie Chaplin, il est vrai que « je n’ai ni pris de gants, ni choisi des mots polis, ni tenté de transiger avec quelque chose que la plupart d’entre nous éprouvent profondément. » Et ce sans le moindre souci de plaire à qui que ce soit et pour quoi que ce soit – même pas aux « journalistes ». Il est vrai aussi que j’ai mené la grève de la faim « discrètement », et comme toujours, car j’estime qu’un gréviste de la faim n’est pas un marchand ambulant de tapis qui arpente les rues en hurlant, et qu’une grève de la faim n’est pas un spectacle public même si elle est menée sur la place publique face à ceux que le gréviste estime devoir interpeller pour défendre ses droits.

Quand mes enfants m’ont demandé où j’avais habité les deux premières semaines, je leur ai raconté une belle histoire : il était une fois, j’habitais dans ma « Mercedes » depuis cinq semaines mais pendant les deux premières semaines, le « journaliste » n’avait pas remarqué ma présence dans ma « Mercedes » lors de ses contrôles nocturnes à cause du brouillard épais et permanent pendant la nuit. Tandis que les trois dernières semaines, il faisait beau et il n’y avait plus de brouillard ni pendant la nuit ni pendant la journée. Ce qui lui avait permis de constater ma présence dans ma « Mercedes » pendant les trois semaines suivantes.

Hélas, pas pour très longtemps encore. Car, au quarantième jour de la grève, j’ai eu la satisfaction d’apprendre par mon avocat, Maître Louis Genet, Complice des magistrats concernés, que l’affaire allait être soumise à l’examen de la Chambre du Conseil dans les quinze jours si j’acceptais d’être introduit devant la justice, c’est-à-dire si j’acceptais d’être directement renvoyé devant le tribunal correctionnel sans me défendre devant la Chambre du Conseil. J’ai marqué mon accord parce que je savais, avant même d’entamer la grève de la faim,  que c’était la seule façon d’obtenir satisfaction, comme mon avocat me l’avait dit !

Mais, le jour venu, le 7 juin 1996, j’ai fait ce à quoi ni mon avocat ni les brillants terroristes du parquet de Liège ne s’attendaient : j’ai renvoyé (viré) le Complice et je me suis défendu tout seul devant ladite Chambre qui a prononcé son ordonnance de non-lieu le 21 juin. Le parquet a fait appel pour démontrer que la défaite, pour lui, était impossible. Appel qui fut suivi d’un arrêt de non-lieu rendu le 17 avril 1997 par la Chambre des Mises en Accusations. J’ai été enfin ‘blanchi’, comme ils disaient. Il me fallait désormais savoir pourquoi j’ai été ‘noirci’. La route menant à « la justice » était encore longue, très longue…

Remarque importante :

Les magistrats ont-ils été insultés, comme le prétendait le journaliste ?

Dans un article paru le 25 août 1995 dans le journal ‘La Wallonie’, nous lisions les propos suivants que j’avais tenus pendant une conférence de presse pour annoncer la première grève de la faim que j’allais entamer une semaine plus tard  : « Lors de cette grève, avais-je dit, j’exposerai au public les noms des terroristes d’Etat que sont Mme Bourguignon, Procureur du Roi, Mr. Brasseur, Juge d’Instruction, MM. Jacquet, Boston et Gelasse, officiers de la police judiciaire. »  Le titre d’un autre article paru le même jour dans le journal ‘La Meuse’ était : « Grève de la faim contre « terrorisme d’Etat » ».  Le 13 septembre 1995, MM. Jacquet, Boston et Gelasse ont déposé plainte avec constitution de partie civile à ma charge et à charge du journaliste Thierry Delsemme pour « dénonciations calomnieuses ». La suite définitive que la Chambre des Mises en Accusation a réservé à leur plainte fut un arrêt de non-lieu rendu le 25 août 1999. Le journaliste n’en a pas parlé dans son journal. Dommage ! N’est-ce pas ?

Surprise : un autre journaliste du journal ‘la Meuse’

Le 2 juin 1997, en revenant de l’Allemagne, j’ai vu un jeune homme qui vendait tard dans la soirée le journal ‘La Meuse’ du lendemain devant la gare des guillemins à Liège. J’en ai acheté un pour lire dans le bus en rentrant chez-moi. Surprise ! A la troisième page, j’ai découvert un article intitulé « Mustafa Sari ne baisse pas le bras » et signé G.Y.L qui écrivait :

« Aujourd’hui après 20 ans de combat, et sept grèves de la faim qui ont fait suite à un mandat d’arrêt de 3 jours pour un dossier d’escroquerie, et trois autres dossiers périphériques menés dans la foulée, la justice a rendu non seulement une ordonnance de non-lieu sur accusation de détournement de fonds portant sur une somme d’un peu plus d’un million de francs, mais aussi un arrêt de non-lieu.  

Pour arriver à ce résultat, Mustafa Sari avait renvoyé ses avocats et avait entrepris un travail « colossal » quand on n’est pas juriste, pour démonter le mécanisme qui en faisait un coupable. N’empêche qu’à ce jour, pour ses deux grands fils qui l’entourent, cet homme libertaire, profondément laïc, décidé, veut être innocenté. Le non-lieu n’est en effet qu’une constatation qu’il n’existe pas de preuve suffisante pour condamner quelqu’un. Jusqu’aux assises ? Il ira, dit-il, jusqu’à la cour d’assise s’il le faut. »

Le lendemain, j’ai téléphoné au journal pour parler avec le rédacteur de cet article, que je ne connaissais pas, pour savoir pourquoi il avait tenu à publier en ce moment les propos que j’avais effectivement tenus deux mois plus tôt lors d’une conférence presse. La secrétaire de la rédaction m’a dit que ce journaliste avait rédigé son article juste à la veille de son départ à la retraite et qu’il n’y travaillait plus. Ce fut sans doute une des personnes, qui avait encore le sentiment de sympathie à l’égard de juste cause que je défendais.

Conclusion

Il ne faut pas continuer de se voiler la face : Comme de tous les temps, aujourd’hui comme hier, il y a des journalistes dangereux aussi dans la presse quotidienne, et sous tous les cieux, et dans tous les régimes. Mais « il dépend de nous, comme disait Emmanuel Kant, pour que le présent délivre sa promesse d’avenir » aussi dans ce domaine. Même si le printemps tant rêvé a encore beaucoup d’hivers à vaincre, que vive le contre-pouvoir indépendant et libre pour que « le quatrième pouvoir » ne puisse, à son tour, finir par agiter l’étendard de l’abus de pouvoir comme la règle et le principe de comportement acquis.

Cordialement.

Mustafa Üner Sari

Genval, le 25 novembre 2018